Belgrade en liesse à la tombée de la nuit

Première publication 5 octobre 2000 à 16h27
Mise à jour : 6 octobre 2000 à 06h25
Belgrade en liesse à la tombée de la nuit
Belgrade était en liesse jeudi à la tombée de la nuit alors que les forces de l'ordre semblaient avoir abandonné la ville aux mains des manifestants.

Ces derniers restaient toutefois prudents, ignorant encore comment l'armée, l'un des piliers du régime de Slobodan Milosevic, allait réagir.

Dans les rues de la capitale yougoslave, des centaines de milliers de personnes, pour bon nombre venues d'autres villes de Serbie, chantent «Pobeda (Victoire)» et s'embrassent les larmes aux yeux.

Euphoriques, ivres de bonheur, des dizaines de manifestants scandent encore, la voix rauque, «Haj'mo! Hajde! Svi u napad! (Allons! Allez! Tous à l'attaque)», comme dans l'après-midi lorsqu'ils ont pris d'assaut le parlement fédéral.

Certains allument des feux de bengale et lancent des fusées éclairantes au milieu des hourras de la foule.

Dans la soirée, les pompiers avaient pratiquement réussi à maîtriser les incendies qui s'étaient déclarés dans les bâtiments du parlement et dans l'immeuble proche de la télévision d'État serbe (RTS), désormais aux mains des manifestants.

Des jeunes gens déambulent dans les rues portant en guise de trophée des boucliers, des casques métalliques, des matraques, des képis et autres menottes et ceintures abandonnés par les forces anti-émeutes.

À propos de l'armée yougoslave, qui ne s'était toujours pas exprimée en milieu de soirée, les manifestants sont partagés entre l'optimisme et la prudence. «C'est notre armée, l'armée du peuple», dit un homme à l'allure de rugbyman qui a revêtu pour l'occasion son uniforme de réserviste.

À l'imposante église orthodoxe de Saint-Marc, près du parlement fédéral, les cloches sonnent presque en permanence pour saluer le soulèvement des Belgradois.

Symbole de la vindicte populaire contre les Milosevic, au coeur de Belgrade, une coquette boutique, baptisée «Skandal», propriété de leur fils Marko, a été saccagée. «C'était vraiment un scandale» clame un graffiti peint en rouge.

 
 
 
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