Ehoud Barak concède la victoire à Ariel Sharon

Première publication 6 février 2001 à 08h06
Mise à jour : 7 février 2001 à 13h36
Ehoud Barak concède la victoire à Ariel Sharon
Par SD
C'est maintenant officiel, Ariel Sharon est le nouveau premier ministre d'Israël.

Après le dépouillement de 99% des bulletins de vote, M. Sharon a une avance de 25 points sur le premier ministre démissionnaire, Ehoud Barak (photo de gauche).

En plus de perdre les élections, Ehoud Barak annonce sa démission à titre de leader du parti travailliste.

Le taux de participation a été le plus faible de l'histoire d'Israël, avec un taux de 62%. Il s'explique principalement par la défection des Arabes israéliens (13% de l'électorat), qui reprochaient à M. Barak la répression par la police de manifestations de soutien à l'Intifada (le soulèvement palestinien), qui coûta la vie à 13 d'entre eux en octobre.

Quelques minutes après le dévoilement des résultats, le nouveau premier ministre Sharon a proposé à Ehoud Barak de former un gouvernement d'union nationale. M. Sharon a aussi appelé les Palestiniens à abandonner la voie de la violence et à reprendre le dialogue.

Clair-obscur israélien : condamné à choisir entre la paix sanglante et une guerre de pacification, Israël est coincé dans une politique du pire... Un dossier InfiniT.com.

Une centaine d'incidents mineurs ont été rapportés. Trois personnes ont notamment été blessées, dont un garde du corps d'Ehoud Barak, le premier ministre sortant.

Les Arabes israéliens n'ont pas écouté Barak

Ehoud Barak a voté dans la matinée dans une petite localité au nord-est de Tel-Aviv où il réside. Il se disait toujours «optimiste» et il avait appelé les électeurs de gauche déçus, notamment les Arabes israéliens, à voter pour faire barrage à «l'extrémisme» de M. Sharon. Ce qu'ils n'ont pas fait de toute évidence.

M. Sharon, domicilié officiellement dans une maison du quartier musulman de la Veille ville de Jérusalem acquise en 1987, a voté dans le quartier de Beit Hakerem, à Jérusalem-ouest, réaffirmant à cette occasion qu'il n'avait aucune intention de faire la moindre concession sur la partie arabe de Jérusalem, conquise et annexée par Israël en 1967.

L'élection s'est déroulée sous haute surveillance: près de 15 000 soldats et policiers étaient postés dans tout le pays.

Les réactions

Un conseiller du président de l'Autorité palestinienne, Yasser Arafat, a indiqué que ce dernier respecte le choix du peuple israélien et espère la poursuite du processus de paix.

De son côté, le mouvement intégriste palestinien Hamas entend poursuivre la résistance.

Aux États-Unis, le président George W. Bush a indiqué qu'il souhaitait établir une bonne coopération avec le nouveau gouvernement. Le secrétaire d'État américain, Colin Powell (petite photo de droite), a pour sa part déclaré que Washington va continuer de jouer un rôle dans le processus de paix au Proche-Orient.

La plupart des pays occidentaux ont incité Ariel Sharon à poursuivre les efforts de paix.

Vous pouvez écouter le reportage de Maxime Landry et l'analyse de Richard Latendresse en RealVideo.

 
 
 
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