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Cent quinze cardinaux de 52 pays participent à cette réunion qui verra l'élection du successeur du pape Jean-Paul II, décédé le 2 avril à l'âge de 84 ans. Les «princes de l'église», du moins ceux qui n'ont pas dépassé 80 ans, vont entrer à 16h30 dans la chapelle Sixtine, jurant de garder le secret des débats sous peine d'excommunication.
Dimanche, ils s'enregistraient à la réception du Domus Sanctae Marthae, la Maison Sainte-Marthe, un hôtel créé spécialement par Jean-Paul II afin que les cardinaux jouissent d'un minimum de confort entre les sessions à la chapelle Sixtine où a lieu le conclave qui devrait durer plusieurs jours. Celui de 1978, pour l'élection de Jean-Paul II, avait duré trois jours et aucun au siècle dernier n'a dépassé les cinq jours.
«Le nouveau pape a déjà été choisi par le Seigneur. Il nous faut simplement prier pour comprendre de qui il s'agit», a déclaré le cardinal de Florence Ennio Antonelli, considéré comme un outsider, qui s'exprimait devant la congrégation de Santo Andrea delle Fratte.
Les fidèles sont invités à rejoindre les cardinaux lundi matin pour participer à l'ultime cérémonie publique à Saint-Pierre de Rome après les dernières messes qui ont eu lieu jusqu'à samedi en hommage à Jean-Paul II. Le doyen du Collège des cardinaux, Joseph Ratzinger, un Allemand de 78 ans, dira cette messe qui sera co-célébrée par tous les autres cardinaux titulaires du droit de vote.
Mgr Ratzinger est considéré comme l'un des favoris, à condition que, compte tenu de son grand âge, le conclave opte pour un pape dit «de transition» après les 26 ans de règne de Jean-Paul II ce qui permettrait aussi de choisir pour un proche du pape polonais disparu. C'est le cas du prélat allemand, considéré comme le chef de file de la tendance conservatrice.
Lundi en fin d'après-midi, les cardinaux se retrouveront au palais apostolique et iront en procession à la chapelle Sixtine où ils tiendront leur première session. Là, ils peuvent décider de tenir un premier vote ou de se donner encore quelques heures de réflexion jusqu'à mardi matin.
Ils regagneront alors la Maison Sainte-Marthe pour la nuit. Lors des précédents conclaves, il y a plus d'un quart de siècle, y compris celui qui avait choisi Karol Wojtyla en 1978, les cardinaux, parmi lesquels de nombreux hommes âgés, avaient dû passer des nuits dans l'inconfort de boxes installés pour l'occasion, partageant les cabinets de toilettes du Palais apostolique.
Si le petit confort s'est donc amélioré, les règles édictées par Jean-Paul II en 1996 pour préserver le secret des délibérations interdisent les téléphones mobile, les postes de radio et de télévision, ainsi que les journaux pendant le conclave afin que les cardinaux soient le moins possible influencés par le monde extérieur dans le choix de celui qui prendra la tête du milliard de catholiques.
Avec vingt cardinaux sur 115, les Italiens se taillent la part du lion, ce qui ne veut pas dire que le conclave va renouer avec la tradition de choisir le souverain pontife parmi eux, comme cela a été le cas pendant quatre siècles et demi. Pour Marco Politi, spécialiste du Vatican au quotidien italien La Repubblica, les cardinaux ne sont pas unanimes sur le choix qu'ils ont à faire, opter à nouveau pour un Européen ou innover en allant chercher l'élu dans le tiers-monde, cette dernière hypothèse audacieuse étant souvent évoquée par les commentateurs.
Il est d'autant plus difficile de se faire une idée que les cardinaux ont décidé depuis plusieurs jours de ne plus répondre aux sollicitations de la presse. Et, comme le dit de surcroît l'adage, «qui entre pape en conclave en ressort cardinal»...
Mgr Salvatore Pappalardo, un cardinal italien de 86 ans qui a donc dépassé la limite d'âge pour voter, déclarait dimanche à la radio publique italienne qu'il pensait que ses pairs étaient en quête d'un candidat qui soit en phase avec les problèmes du monde d'aujourd'hui, en particulier sur les questions de justice, de paix, voire d'environnement.
Pour cet homme de foi qui s'était élevé contre la mafia quand il était archevêque de Palerme en Sicile, le prochain pape «mettra en avant les valeurs du monde qui ne vont pas à l'encontre de l'Évangile». Il assure que «la Providence envoie un pape (qui répond aux besoins) de chaque ère». En vidéo 1, écoutez les explications de Pascale Déry.
En vidéo 2, Véronyque Tremblay discute avec le curé Poisson du conclave.
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