Matthew Coon Come devient le nouveau chef de l'Assemblée des Premières nations

Première publication 13 juillet 2000 à 04h00
Mise à jour : 13 juillet 2000 à 07h47
Matthew Coon Come devient le nouveau chef de l'Assemblée des Premières nations
Le chef cri Matthew Coon Come a remporté mercredi la victoire sur Phil Fontaine et remplacera ce dernier en tant que grand chef national de l'Assemblée des Premières nations. Originaire de Mistassini, dans le Nord du Québec, M. Coon Come est connu comme un porte-parole radical des peuples autochtones.

Phil Fontaine a reconnu sa défaite après que Matthew Coon Come eut recueilli 58 % des voix au second tour de scrutin, et ce, même si le seuil de majorité victorieuse était fixé à 60 % des voix.

M. Coon Come a donc amassé un total de 287 votes sur les 494 dont disposaient au total les chefs délégués à cette 21e assemblée générale annuelle de l'Assemblée.

«Je veux faire ce qu'il faut» aurait répondu M. Fontaine à ses partisans alors que ceux-ci lui suggéraient de réclamer un troisième tour de scrutin. M. Coon Come commence immédiatement son mandat de trois ans à la tête de la plus importante organisation autochtone du pays.

Lorsqu'il lui a été demandé si les Canadiens devaient s'attendre à plus de manifestations et de blocus autochtones avec son arrivée à la tête de l'Assemblée des Premières nations, le nouveau chef s'est hérissé.

«Dès que nous disons un mot à propos de nos droits, nous sommes catégorisés comme belliqueux. Nous nous faisons traiter de radicaux», a affirmé Matthew Coon Come, juste avant le second tour, à un groupe de chefs de la Colombie-Britannique.

«Je crois savoir quand il faut négocier et quand il faut se battre, a-t-il expliqué. Il y a des moments où il faut être conciliant et d'autres où il faut être intransigeant. Je suis prêt à être intransigeant lorsqu'il le faudra».

Âgé de 44 ans, Matthew Coon Come a dirigé le Grand Conseil des Cris du Québec entre 1987 et 1999. Bien connu pour le combat acharné qu'il a mené, en 1994, contre le projet hydroélectrique Grande-Baleine évalué à 13 milliards $, M. Coon Come s'est aussi rangé dans le camp fédéraliste lors du référendum de 1995.

Il a, par la suite, initié un référendum au sein de son peuple qui a statué que les Cris souhaitaient demeurer dans le Canada dans l'éventualité d'une sécession du Québec. M. Coon Come était aussi des négociations qui ont mené à la législation créant le premier gouvernement autochtone autonome au pays.

Tout au long de sa carrière, il a dirigé de nombreuses organisations cries et, en tant que président de la Société Eeyou de la Baie-James, il a eu la responsabilité d'actifs d'une valeur supérieure à 100 millions $.

Son dernier geste d'éclat, en 1998, a été d'entreprendre une poursuite contre les gouvernements fédéral et québécois, ainsi que certaines compagnies forestières, au sujet du régime forestier en vigueur au Québec.

En démissionnant de son poste de Grand chef du Grand Conseil des Cris du Québec, en 1999, Matthew Coon Come avait manifesté l'intention de passer plus de temps avec sa famille.

En RealVideo, une entrevue de Georges Pothiers avec Ghislain Picard, chef de l'Assemblée des Premières nations Québec-Labrador

 
 
 
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