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L’athlète de Rosemère a passé la journée à visiter les nombreux médias et à passer d’une entrevue à l’autre avec la même aisance qu’il a négocié les bosses de Cypress Mountain en ce soir de la Saint-Valentin. Que ce soit lors du point de presse officiel de l’équipe canadienne que dans le cadre d’une entrevue accordée au journaliste Michel Jean, Alexandre Bilodeau a livré des propos empreints d’humilité, diminuant presque la portée de sa médaille historique. Le Québécois, rappelons-le, obtenait la toute première médaille d’or canadienne de l’histoire des Jeux, en sol canadien.
«Une chance s’est présentée à moi et je l’ai saisie. J’en suis très heureux. Je suis très fier d’avoir réalisé cette première, mais au risque de me répéter, j’ai été chanceux que ma compétition ait été programmée aussi tôt dans le calendrier des Jeux. Je n’ai aucun contrôle là-dessus. Il y aura d’autres médailles d’or du Canada, c’est sûr. Par ailleurs, si ce premier objectif est atteint, il n’est pas plus important que le deuxième, le troisième ou tous les autres. Nous sommes arrivés à la cérémonie d’ouverture en équipe et nous repartirons de la cérémonie de fermeture en équipe.»
Trois heures de sommeil et quelques larmes
Avec toute la spontanéité qu’on lui connaît maintenant, Bilodeau reconnaissait qu’il n’avait pas beaucoup dormi à l’issue de ce moment de gloire. «Ce fut très difficile pour moi de m’endormir et j’ai dû avoir recours à des techniques de concentration pour trouver le sommeil. En fait, je n’ai dormi trois heures la nuit dernière … mais je me sens comme si j’avais dormi 12 heures. Je me sens tout frais et dispos. Super excité. Pour moi c’est le début d’un gros party et je suis sûr que tous les Canadiens vont se joindre à moi.»
Lors d’une entrevue avec Michel Jean, en direct sur LCN, l’émotion a finalement gagné le médaillé d’or. Il s’est d’abord dit enchanté d’avoir vu les images de ses proches réunis dans un pub, à Rosemère, pour suivre sa course et sa victoire. Il était ému de voir son grand-père verser des larmes à cette occasion. «La seule autre fois que j’avais vu pleurer mon grand-père, c’était lors du décès de ma grand-mère. C’est beaucoup d’émotion.» de conclure le jeune homme tout en réprimant ses larmes difficilement.
Il a parlé de sa famille, notamment de celui qui est son inspiration, son frère aîné, Frédéric, atteint de paralysie cérébrale. «Mon frère était tellement content. Il n’arrivait pas à parler. Comme son anniversaire était le huit février, je lui ai souhaité ‘Bonne Fête …j’espère que tu aimes ton cadeau’. Il m’a répondu ‘Je t’aime’. Ma mère m’a dit ‘Je t’aime’ 150 fois !»
Judge au septième ciel
Flanqué du grand patron du ski acrobatique canadien, Bilodeau a fait écho au propos de Peter Judge en rappelant que beaucoup de gens peuvent revendiquer un morceau de cette médaille. Grâce notamment au programme « À nous le podium », un ambitieux programme de cinq ans visant à donner aux athlètes canadiens les fonds et l’encadrement nécessaire pour tenter de dominer les autres nations à Vancouver.
Il a évidemment tenu à replacer l’exploit de Bilodeau dans son contexte : «Les 12 dernières heures ont été exceptionnelles. Alex est assez humble. Hier soir, il a fait quelque chose d’extraordinaire. Hier soir était un événement qui va survivre dans ma mémoire pour toujours.»
Peter Judge a également tenu à féliciter les organisateurs de la compétition : «Je tiens aussi à lever mon chapeau aux gens du COVAN pour avoir réussi à nous offrir un site de compétition aussi remarquable compte tenu des conditions météo. En arrivant sur le site, personne n’aurait pu se douter tout le travail qui a dû être accompli pour rendre le site parfaitement adéquat.»
Alexandre Bilodeau a étiré son expérience victorieuse et, donc, son plaisir sur une période de 24 heures puisque c’est dans la soirée de lundi qu’il est grimpé sur le podium, dans le cadre de la cérémonie officielle des médailles.
(TVA Nouvelles)