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L'écrivain Victor-Lévy Beaulieu a publié jeudi une lettre à l'intention de Gabriel Nadeau-Dubois dans laquelle il lance l'idée que «le réveil des étudiants et de la population québécoise» n'aurait pas eu lieu sans lui.
«Depuis le début de la grève étudiante, le gouvernement et la plupart des éditorialistes et commentateurs ne cessent de s'en prendre à Gabriel Nadeau-Dubois, le leader de la CLASSE. Pourquoi donc? Parce qu'il est le seul à garder le cap sur la raison qui a amené les étudiants à entrer en grève: la hausse des frais de scolarité», a-t-il écrit.
Selon l'auteur et polémiste, «ce ne sont certainement pas les grandes centrales syndicales, devenues si veules, qui auraient pu marquer ce réveil. Quand le président de la FTQ se permet à la fin d'une conférence de presse de ridiculiser Gabriel Nadeau-Dubois, sous les rires gras des journalistes, le message me paraît clair: tasse-toi, le jeune. Mononcle va prendre tout ça en main».
L'auteur moult fois primé et notamment récipiendaire du Prix du Gouverneur général, a suggéré que la FTQ et les autres centrales syndicales auraient souhaité «contrôler la grande manifestation de Montréal» du 22 mai.
«Ça n'a pas marché vraiment, et toujours pour la même raison: même les grandes centrales syndicales ne veulent pas parler de la hausse des frais de scolarité», a écrit Beaulieu.
Quant au Parti québécois, le dramaturge estime dans sa lettre «qu'il ne voit que le petit Léo [Bureau-Blouin] dans sa soupe».
Victor-Lévy Beaulieu s'en prend également à la nouvelle ministre de l'Éducation dans sa lettre parue jeudi.
«Et que dire de la réaction de Michelle Courchesne hier [mercredi]? Son point de presse était de l'hystérie pure, à ce point qu'elle y a mis brutalement fin avant que les plombs ne sautent pour de bon!» a-t-il raillé.
«Michelle Courchesne s'est dite prête à «discuter» avec les leaders étudiants en exceptant toutefois Gabriel Nadeau-Dubois. Mais discuter de quoi? Pas des frais de scolarité ni d'un moratoire! Alors, de quoi? De rien, bien évidemment!» a-t-il poursuivi.
Victor-Lévy Beaulieu a jugé dans sa lettre que la rencontre du 16 mai entre les associations étudiantes et Mme Courschesne n'a servi qu'à gagner du temps car «le gouvernement de Jean Charest avait besoin d'une journée afin de peaufiner sa Loi 78!».
L'éditeur a également affirmé que le nouvel appel lancé aux étudiants est «cousu de fils blancs».
«Le gouvernement a besoin d'un peu de temps pour pouvoir incriminer les leaders de la CLASSE, et particulièrement Gabriel Nadeau-Dubois», a écrit l'auteur.
L'écrivain ne fait pas confiance au leader de la FECQ: «encore une fois, le petit Léo va se faire rouler dans la farine par une ministre sournoise et hypocrite ! Il n'en verra rien et le bon peuple non plus. Au contraire, la cote de popularité du bon petit Léo ne fera qu'augmenter : au Québec, on aime les leaders fragiles et vulnérables [...]».
Il conclut sa lettre par une citation: «Comme l'a dit Jean-Paul Sartre, on n'est jamais assez radical, surtout quand on est jeune et qu'on a devant soi tous ces corps morts d'un passé révolu».
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