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Fier héritier du grand Leonard, Adam Cohen sait très bien que lorsqu'on est «le fils de», la comparaison est inévitable, un passage obligé. Qu'à cela tienne, l'auteur-compositeur-inteprète a rendu un vibrant hommage à son nom, mercredi soir, au Métropolis, où il était invité dans le cadre du Festival international de jazz de Montréal.
Adam a enchaîné les pièces de son plus récent album, Like a Man, une œuvre s'inscrivant parfaitement dans le patrimoine musical de cette célèbre famille de Montréal.
De sa voix à la fois rauque et suave (qui n'est pas sans rappeler l'inimitable voix de baryton de son père), il a brisé la glace avec Lie Alone, entouré de ses musiciens Mai Bloomfield et Michael Chaves, auxquels s'est joint à certains moments un quatuor de violons tout féminin.
Saluant brièvement les spectateurs, d'un ton charmeur, il a tenu à remercier une certaine Dominique «pour une nuit formidable», avant d'interpréter avec fébrilité la douce Sweet Dominique, parmi ses plus belles compositions.

(Crédit: Agence QMI)
Après avoir sorti, en 1998 puis en 2004, deux albums solo sans grand intérêt flirtant entre la pop et le rock, Adam a lâché prise l'automne dernier. Avec Like a Man, il a décidé de jouer la carte de l'héritage familial, suivant les traces du paternel dans un univers plus sobre, teinté de folk et de poésie.
La pièce What Other Guy - qu'il a interprétée avec aplomb - est l'incarnation parfaite de cette envie de suivre les traces de son célèbre père, avec sa poésie romantique et sa mélodie folk rappelant les années 1960. «Cette chanson est une photo que j'ai essayé de prendre d'une personne que j'aime beaucoup», a-t-il laissé tomber, avant d'être chaudement applaudi par la foule.
Comme il en a l'habitude, il a repris un classique de son père, So Long, Marianne. Lorsque le public a entonné en chœur le refrain de cette pièce de 1967, on en avait les frissons.
Dédiée à son fils de cinq ans, la chanson Beautiful a marqué un des beaux moments d'émotions du spectacle, signe que ce spectacle était une affaire de famille.

La chanteuse Dawn Tyler Watson, et le guitariste Paul Deslauriers, performent en première partie d'Adam Cohen, au Métropolis, à Montréal. (Crédit: Agence QMI)
Bavard (trop), Adam a entrecoupé ses chansons d'anecdotes, de blagues spontanées, de questions aux spectateurs, s'adressant aussi à son agent ou au technicien «vraiment cute». À l'aise sur scène, Adam se plait à interagir avec son public, mais il aurait parfois intérêt à se concentrer davantage sur sa musique. Parce qu'elles nous plaisent, ses chansons, et que trop de bavasseries cassent le rythme.
Dissipé, il a dû se reprendre à plusieurs reprises avant de finalement pouvoir interpréter son succès Like a Man, non sans avoir été encouragé par la foule.
N'empêche, Adam a offert une prestation généreuse et sentie mercredi soir, qui mérite qu'on le reconnaisse par son prénom.
Même s'il a déjà 15 ans de carrière derrière la cravate, il semble être au début de quelque chose, lui qui a mis du temps à trouver sa voie, à assumer son bagage familial. Oui, il marche dans les pas du paternel et les chaussures sont un peu grandes. Reste qu'à presque 40 ans, Adam a encore de belles années devant lui.
En première partie, «la reine du blues» de la métropole Dawn Tyler Watson et le guitariste Paul Deslauriers ont fait bonne figure. Les deux musiciens - qui en sont à leur sixième participation au Festival - ont offert une reprise envoûtante de Ne me quitte pas de Jacques Brel.
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