
On a souvent reproché à Coldplay d'écrire des hymnes grandiloquents faits sur mesure pour les arénas. Chris Martin et sa bande subissent encore les railleries des soi-disant experts pour ce penchant discutable. Si seulement ils pouvaient les voir en spectacle...
Trois ans après avoir foulé les planches du Parc Jean-Drapeau à l'occasion du festival Osheaga, Coldplay était de retour à Montréal, jeudi soir. Cette fois-ci, la formation britannique a élu domicile au Centre Bell, un amphithéâtre qu'elle n'avait pas visité depuis 2008. Au programme, les tubes (Speed of Sound, Clocks) et son dernier album studio dans sa quasi-intégralité, Mylo Xyloto.
(Agence QMI)
Les années ont peut-être passé, mais la formule demeure intacte : une surabondance de chansons plus grandes que nature qui incitent aux épanchements fastueux. Des vers d'oreille pompeux pouvant être entonnés en chœur par des milliers de spectateurs.
Sur disque, cette propension à tout gonfler finit toujours par lasser. Mais en spectacle, c'est diablement efficace.
Chris Martin, Will Champion, Jonny Buckland et Guy Berryman se sont pointés vers 21 h après un curieux préambule. C'est bien connu, les groupes choisissent eux-mêmes les chansons qui tournent dans les minutes précédant leur entrée sur scène. D'ordinaire, les titres sélectionnés correspondent au style affectionné par l'artiste en vedette.
Par exemple, on ne s'étonnera pas d'entendre du Stevie Wonder avant un concert d'Alicia Keys. Ou encore du Madonna avant un spectacle de Lady Gaga. Voilà pourquoi la pesante 99 Problems de Jay-Z nous est apparue comme un choix plutôt surprenant pour un groupe de gentils garçons britanniques baignant dans la pop adulte. Mais passons... (Paraîtrait que Gwyneth Paltrow est bonne amie avec Beyoncé)...
(Agence QMI)
Vêtus comme des graffiteurs amateurs (des habits faits maison tachés de peinture), les célèbres musiciens ont sonné la charge avec la récente Hurts Like Heaven devant une foule gonflée à bloc. Le pied sur l'accélérateur, ils ont poursuivi avec la rêveuse In My Place, que Chris Martin a terminé d'entonner en se roulant par terre.
Après une pluie de confettis sur Lovers in Japan, le chanteur s'est installé au piano pour The Scientist. Les yeux fermés, le visage ruisselant de sueur, il s'est délié les cordes vocales avec l'auditoire au grand complet. Il a ensuite dédié Yellow aux victimes de la fusillade au Colorado.
Côté effets visuels, Coldplay ne lésine pas sur les moyens : cinq écrans géants circulaires disposés aux quatre coins de l'amphithéâtre, canons à confettis (utilisés dès la deuxième chanson), ballons de plage aux allures de globes terrestres, faisceaux laser, chandelles à volonté... Pour créer des ambiances, Chris Martin et sa bande ne manquent pas d'astuces.
Leur plus belle trouvaille demeure toutefois ces fameux bracelets qui s'illuminent sur commande. Distribués gratuitement aux spectateurs en début de soirée, ils viennent dans une grande variété de coloris : rouge, bleu, blanc, vert...
Gadgets? Certainement. Mais ils créent des effets saisissants une fois la salle plongée dans l'obscurité. On se croyait plongé dans un immense jeu Lite-Brite.
Coldplay remet ça vendredi soir, même heure, même poste.
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