Le film Traque

La résistance polonaise au Festival des films du monde

Première publication 24 août 2012 à 19h43
La résistance polonaise au Festival des films du monde
Crédit photo : Agence QMI
Maciej Stuhr et Weronika Rosati lors d'une conférence de presse du film Oblawa dans le cadre du Festival du Film du Monde.
Par Fabien Boileau | Agence QMI

Les acteurs de Traque (Oblawa, dans sa version originale), le dernier film en date du cinéaste polonais Marcin Krzyształowicz, donnaient vendredi une conférence de presse dans le cadre du Festival des films du monde (FFM).

Présenté vendredi au FFM dans la catégorie «compétition mondiale», Traque traite des événements qui ont conduit au massacre des membres d'une escouade de résistants contre les forces de l'Occupation en Pologne durant l'automne 1943. Absent du festival pour raison de santé, le réalisateur et scénariste Marcin Krzyształowicz (Eukaliptus, Koniec wakacji), s'est fait représenter par deux des acteurs principaux du film, Maciej Stuhr et Weronika Rosati.

Dans ce suspense sur fond de Seconde Guerre mondiale, le caporal Wydra (Marcin Dorociński) lutte contre les Allemands, les traîtres polonais et les démons de son passé. L'actrice Sonia Bohosiewicz y joue le rôle de sa femme, Weronika Rosati, l'infirmière et Maciej Stuhr le rôle du méchant, pour la première fois de sa carrière. «En 20 ans de carrière, j'ai toujours interprété des rôles de gentils et, avec Traque, j'ai enfin eu l'opportunité de jouer le mauvais, donc je suis ravi!», a déclaré l'acteur. Tourné dans la région de Małopolska, Traque aborde le thème de la guerre avec des histoires personnelles qui s'entremêlent en arrière-plan.

«Il y a eu beaucoup de films polonais sur la Seconde Guerre mondiale, mais ici, l'approche est différente, car le réalisateur raconte l'histoire de son père, donc ça donne tout de suite un ton différent à l'ensemble, a indiqué Weronika Rosati. Marcin Krzyształowicz voulait montrer que la guerre pouvait transformer tout le monde en monstre, les bons comme les mauvais.»

Cofinancé par l'Institut du Film polonais et le Fonds régional du film de Cracovie, Traque explore cette douloureuse partie de l'histoire polonaise, encore bien présente dans l'esprit des acteurs.

«Mes grands-parents ont été directement impliqués dans la guerre et nous avons grandi dans un régime communiste, tout ça est assez proche de nous pour que nous ayons tous des souvenirs de cette période, mais en même temps assez éloigné pour que nous pussions aussi prendre un certain recul sur notre histoire, a expliqué Maciej Stuhr. Nous avons été élevés avec la propagande des films communistes mettant en scène les Polonais dans les rôles de bons et les Allemands dans ceux des mauvais, il est maintenant temps d'aborder le côté sombre de notre nation.»

Quelque peu hors moule, Traque propose un regard nouveau sur la résistance - thème quasi intouchable jusqu'à très récemment -, presque politiquement incorrect selon l'acteur. «La résistance, c'est quelque chose de sacré pour le peuple polonais. La culture de la résistance a obtenu son aura de sainteté en étant associée à l'époque stalinienne, même avant la guerre, et à Lech Walesa et le mouvement Solidarité».

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.