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Les vieux «punkers» ont encore la cote. C'est du moins le cas de Bad Religion, qui a livré à un train d'enfer, sur la Grande scène d'Expo Québec, une collection de ses succès des trois dernières décennies.
Deux ans après avoir joué à Woodstock en Beauce, Bad Religion était de retour samedi devant ses fans québécois, cette fois dans la capitale, où la vénérable formation de Los Angeles, qui a plus de 30 ans de musique punk derrière la cravate, concluait sa tournée estivale.
«C'est fantastique d'être de retour (...). On nous a dit que l'exposition fêtait son 101e anniversaire», a lancé le chanteur Greg Graffin qui a toujours davantage l'allure d'un professeur de cégep que d'un chanteur punk.
«C'est presque aussi vieux que nous», lui a répliqué le bassiste Jay Bentley.
Le quintette n'a pas mis de temps à faire plaisir à ses fans. Dès la troisième pièce, un de ses classiques, «21st Century Digital Boy», a fait crier de joie la foule. Pas le temps de niaiser, dirait un Québécois en vacances dans le sud.
De fait, il ne faut pas arriver en retard à un show de Bad Religion. Rares sont les pièces qui font plus de deux minutes, si bien que quinze minutes après le début du spectacle, on en était déjà à la septième chanson.
En tout, on a entendu pas moins de vingt-huit titres, pigés dans toute la discographie du groupe qui, n'ayant pas de nouvel album à défendre, avait le champ libre pour sortir son vieux matériel.
La bande n'a donc pas privé de leur plaisir les fans qui étaient là pour entendre les «Anesthesia», «Infected», «Recipe For Hate», «Generator, Sanity», «No Control» et «American Jesus», souvenirs de l'époque glorieuse du début des années 1990 alors que le punk et Bad Religion faisaient leur entrée dans la culture populaire.
Énergiques et plutôt bavards, les Californiens ont pris plaisir à dialoguer avec le public. Ils ont rendu un hommage, plus ou moins sincère, aux grandes voix québécoises Céline Dion et Justin Bieber (faudrait leur expliquer qu'il n'est pas Québécois) en plus de rappeler que la Coupe Stanley appartient aux Kings de Los Angeles.
Des huées se sont alors fait entendre, mais elles se sont vite transformées en applaudissements quand Greg Graffin a dédié «I Want To Conquer The World» à la Ligue nationale de hockey avec un «f... Gary Bettman» bien senti.
Le groupe en a aussi profité pour annoncer qu'un successeur à The Dissent Of Man, album paru en 2010, verrait le jour dans le courant de l'année prochaine.
«On a passé les six dernières semaines en studio, a confié Graffin, en spécifiant qu'aucune nouveauté n'était au programme. On espère qu'il restera des magasins de disque à Québec quand il va sortir. À Los Angeles, il ne nous en reste qu'un.»
Il faudra donc attendre que le groupe revienne nous voir pour entendre de nouvelles pièces.
Le spectacle de Bad Religion était le dernier grand rassemblement musical de l'édition 2012 d'Expo-Québec. Et l'un des plus courus, d'après l'organisation, qui cite aussi Brigitte Boisjoli, Dennis DeYoung ainsi que The Tea Party parmi les soirées les plus achalandées.
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