Festival du nouveau cinéma

Albin de la Simone présente ses Films fantômes

Première publication 13 octobre 2012 à 23h01
Albin de la Simone présente ses <i>Films fantômes</i>
Crédit photo : Agence QMI
Imaginés de toutes pièces par Albin de la Simone, ces quelques «courts métrages» fantomatiques n'ont trouvé vie qu'à travers les voix de Sophie Cadieux et Marc Labrèche.
Par Fabien Boileau | Agence QMI

L'auteur-compositeur-interprète français, Albin de la Simone, présentait samedi soir au Festival du nouveau cinéma Films fantômes, un projet audacieux alliant concert, théâtre, conférence, et exposition.

Le titre de la prestation, Films fantômes, tient plus de sa forme que de son fond. Pas d'apparitions spectrales ou d'intrusions d'entités ectoplasmiques ce soir-là au Centre Phi, pas de scène collective de OuiJa non plus, Films fantômes est une rétrospective de neuf films qui n'existent pas.

Pas d'image non plus. Imaginés de toutes pièces par Albin de la Simone, ces quelques «courts métrages» fantomatiques n'ont trouvé vie qu'à travers les voix de Sophie Cadieux et Marc Labrèche, la musique de l'auteur-compositeur-interprète et de ses cinq musiciens, et l'imagination de l'auditoire.

Cela fait déjà plusieurs mois que le chanteur/conteur trimballe ses histoires aux quatre coins de la France. Il était logique qu'il passe chez ses cousins québécois, qu'il visite régulièrement avec ses chansons depuis plusieurs années.

«On nous a toujours raconté des films pour lesquels nous nous sommes fait des images, et parfois on préfère notre version à nous. Je vous promets que votre version restera la vôtre ce soir». C'est le synopsis de la soirée que nous a présenté Albin de la Simone, avant de s'asseoir derrière ses deux claviers rouges, comme un metteur en scène s'installe derrière sa caméra, prêt à crier «Action!» à ses acteurs.

Le premier «court-métrage» Chat, une comédie surréaliste, contait les mésaventures de la duchesse de Fontainebleau, alors accidentellement devenue femme-tronc, et découvrant malgré elle les joies de la pensée. Sophie Cadieux en parfaite narratrice et Marc Labrèche en duchesse désabusée composaientr un inversement des rôles adroitement exploité, accentué par les claquements de bouche et autres borborygmes buccaux rythmés des musiciens.

Ce fut ensuite une satire politique qui s'est offerte à nos oreilles attentives. Président, l'histoire d'un chef d'État qui présente des troubles de comportement qui se manifestent par une certaine paranoïa et une mégalomanie aiguisée, fragilisant l'équilibre de son pays. Mais plus sa santé mentale s'affaisse, plus sa popularité augmente; un clin d'oeil à l'ancien président Nicolas Sarkozy. Porté par la petite voix fluette de Sophie Cadieux, Président était présenté comme un scénario, avec énonciation des numéros de séquences, lieux, et des dialogues dont la tension était soutenue par la basse et la batterie, un des rares moments où musique et voix étaient mélangées.

Les neuf films sont une originale et élégante déclinaison de l'univers d'Albin de la Simone. Tout le long de la prestation plane l'ombre du chansonnier, en commençant par le format très court, qui contraint au développement rapide et incisif des situations, qui doivent trouver leurs propres chemins dans les méandres de nos synapses, guidé par les ondes sonores dégagées par les musiciens.

Même si certains courts métrages sont classés «Drame», «Thriller» ou «Policier», on retrouve toujours la patte humoristique, et absurde du compositeur, dans les mots jusque dans les cadences utilisées au piano. Un bon copain de Mathieu Boogaerts, ça se sent.

 
 
 
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