Cinglant

Guillaume Wagner, férocement drôle!

Première publication 17 octobre 2012 à 23h40
Guillaume Wagner, férocement drôle!
Crédit photo : Agence QMI
Par Samuel Pradier | Agence QMI

Pour la première de son spectacle, Cinglant, présenté mercredi soir au théâtre St-Denis, Guillaume Wagner a reçu un accueil digne d'une rock star. Avec un public assez jeune et majoritairement masculin, il était en terrain conquis et a pu facilement se laisser aller.

Parfaitement à l'aise sur scène, il a commencé par revenir sur le débat qui l'a opposé à Radio X, depuis son passage à l'émission Tout le monde en parle. «On n'a pas parlé autant dans mon dos depuis que mon ex a trouvé mes messages Facebook», a-t-il avoué.

Assez cru dans son langage, Guillaume Wagner sait qu'il peut être dérangeant. «Je ne suis pas le genre d'humoriste qui essaie de plaire à tout le monde.»

Il a d'ailleurs commencé par faire l'inventaire des gens qu'il ne voulait pas voir dans la salle, que ce soit ceux qui n'aiment pas les sacres, ceux qui sont coincés ou qui n'ont pas de jugement, et enfin il ne veut pas de vieux.

«Les vieux vont mourir bientôt, et moi j'essaie de me bâtir un public. Ça ne me rapporte rien de les avoir.»

Guillaume Wagner a ensuite poursuivi en parlant des problèmes de couple, un sujet largement vulgarisé en humour, mais qu'il arrive à rendre sous un angle neuf, cru et pas mal réaliste. Le sexe est d'ailleurs un de ses sujets de prédilection durant cette première partie.

Il évoque aussi les problèmes de gars, qui seraient tous des enfants dans des habits d'adultes, et ne comprend pas pourquoi tous les jeunes hommes québécois ont une peur bleue de devenir gais.

Il fait d'ailleurs tout un numéro particulièrement drôle sur l'homophobie. «Je ne comprends pas que ça existe encore l'homophobie en 2012.»

Arrogant, vulgaire, cinglant, Guillaume Wagner ose dire toutes les horreurs que l'on peut parfois penser en secret, et ça marche. Le public embarque, réagit et rit de bon coeur.
Il en profite également pour égratigner certaines personnalités comme Paul Arcand ou Gino Chouinard. Hilarant.

En seconde partie, Guillaume Wagner, très actif sur Twitter, parle de la prédominance actuelle de la technologie et des réseaux sociaux, avant d'évoquer le conflit étudiant du printemps dernier et les débordements policiers.

«Grâce au conflit étudiant, les blancs savent maintenant comment se sentent les noirs à l'année longue face à la police.»

Avec son numéro sur la religion, Guillaume Wagner est par contre beaucoup moins convaincant et percutant. Il reste toutefois très drôle quand il parle des habitudes des jeunes de Québec, du sentiment d'infériorité des Québécois, de la joie de vivre des Canadiens de Vancouver ou de la nostalgie des filles envers leurs idoles de jeunesse.

À travers ce premier spectacle, Guillaume Wagner démontre qu'il sait être percutant et convaincant avec des textes aiguisés et une aisance déconcertante.

 
 
 
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