The Smashing Pumpkins au Centre Bell

Entre présent, passé et passé

Première publication 28 octobre 2012 à 23h00
Entre présent, passé et passé
Crédit photo : archives Agence QMI
Par Fabien Boileau | Agence QMI

Billy Corgan et sa bande étaient au Centre Bell dimanche soir pour présenter leur dernier album Oceania.

Après 20 ans de carrière et 30 millions d'albums vendus, Billy Corgan et son groupe écument les salles de concert de leurs puissants riffs. Même si l'aventure The Smashing Pumpkins a essuyé de nombreux déboires et que plusieurs membres ont quitté le navire face au comportement en montagnes russes de son mégalomane leader chauve, le guitariste Jeff Schroeder, le batteur Mike Byrne, et la bassiste Nicole Fiorentino étaient présents dimanche soir au Centre Bell.

Même si le Centre Bell était moins rempli ce soir qu'il l'aurait été à «la belle époque», le public a réservé au groupe un accueil à la hauteur de sa réputation. Le quatuor est sobrement monté sur scène en entonnant des notes dystopiques, juste avant que l'immense rideau noir placé à l'arrière-plan tombe et dévoile une immense sphère lumineuse sur laquelle des images ont commencé à défiler. Cette plus value offerte par le groupe dans le cadre de sa dernière tournée utilise la technologie «vidéo mapping», une méthode de plus en plus prisée par les groupes musicaux (et sublimée par des artistes tels que Amon Tobin), qui projettent des images, ou des vidéos sur des volumes.

Pour la plupart abstraites, les images qui recouvraient la lune artificielle illustraient le thème de la chanson, comme pour The Celestials - titre de leur dernier album - sur lequel on pouvait admirer des cartes de l'univers et des envolées humaines.

Difficile pour un groupe comme The Smashing Pumpkins de présenter sur scène de nouveaux titres lorsque l'on a un passé composé de tubes comme «1979», «Bullet with Butterfly Wings», «Cherub Rock», ou «Zero» (pour ne citer que ceux-ci), mais Billy Corgan a tenu le cap, et résisté aux appels mentaux de l'auditoire en jouant les 13 titres de «Oceania» dans l'ordre de l'album.

Faisant partie du concept de l'album Teargarden by Kaleidyscope (qui compte 44 titres), il semble logique que les pièces soient ainsi proposées sur scène puisque les alterner avec de vieux tube annihilerait ainsi le schéma créatif. C'est un pari osé, audacieux certes, mais surtout courageux.

Après sept titres, Billy Corgan s'est adressé aux spectateurs dont l'enthousiasme perdait en vigueur au fur et à mesure des notes enchaînées, comme pour se justifier, et rassurer. «On commence par le nouvel album, on va jouer des classiques un peu plus tard».

Alors que le Centre Bell était sous hypnose de la sphère lumineuse sur «Wildflower», 13e et dernier titre de l'album, quelque chose les a réveillés comme un coup de poing : le «Space Oddity» de Bowie, version Corgan.

On hésite un peu dans la fosse, on commence à bouger un peu, un peu dans l'expectative d'une suite «tubesque».... Oui, c'est bon, «X.Y.U.» arrive, et c'est parti pour le concert nostalgie.

 
 
 
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