Afrique francophone

Des immigrants seront sous la loupe d'une cinéaste

Première publication 3 janvier 2013 à 20h39
Des immigrants seront sous la loupe d'une cinéaste
Crédit photo : Agence QMI
La réalisatrice Catherine Hébert
Par Agnès Chapsal | Agence QMI

La réalisatrice Catherine Hébert se lancera dans un documentaire sur les nouveaux arrivants issus de l'Afrique francophone dans l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce.

Grâce au programme «Cinéaste en résidence», qui comprend une aide de 15 000$, la réalisatrice consacrera six mois à son projet de documentaire. Elle pense suivre des nouveaux arrivants dans leur recherche d'emploi, «laisser les histoires se déployer» et y distiller «subtilement des aspects politiques».

Parler des flux migratoires et des migrants, qui s'imaginent une vie meilleure dans un pays riche, est une «idée qui me taraude depuis longtemps», a-t-elle assuré.

«J'ai eu la chance de beaucoup tourner en Afrique subsaharienne, pour "Carnets d'un grand détour"», explique la cinéaste Catherine Hébert. Pendant ce tournage, elle a suivi un lecteur public avec son âne, du détroit de Gibraltar (sud de l'Espagne) jusqu'à Bamako, au Mali. En découvrant Gibraltar, «je n'ai pas pu ne pas penser aux milliers de clandestins qui ont péri» pour passer en Europe, a-t-elle raconté.

Mme Hébert souhaitait depuis longtemps tourner à Montréal. Le quartier Côte-des-Neiges, multiethnique et transitoire, était «l'endroit tout désigné pour faire ce film-là», selon elle.

«Le "pattern" des migrations au Québec est identique», à son avis, puisqu'une fois à Montréal, les nouveaux arrivants ont juste de quoi vivre pendant trois mois. Ils sont obligés de trouver un travail en deçà de leurs compétences et n'ont plus suffisamment de temps pour chercher un meilleur emploi.

Dans le cadre de cette résidence, la cinéaste devait aussi monter un projet de médiation culturelle.

Six documentaires sur l'Afrique noire seront projetés à partir de février, à raison d'un film par mois, dans l'arrondissement Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. Les réalisateurs des documentaires interviendront pour interagir avec le public à l'issue de chaque projection.

Après des études supérieures en journalisme international, Catherine Hébert a débuté par la réalisation d'une série de reportages en Inde et au Népal, entre autres pays.

Son reportage Le Visage que j'avais, sur les femmes vitriolées au Bangladesh, a remporté le Gémeaux 2006 du «Meilleur reportage». Carnets d'un grand détour a reçu le grand prix des Rencontres internationales du documentaire en 2011.

 
 
 
Accueil | Actualité | International | Sport | Argent | Vidéo
Questions, réactions ou problèmes techniques ? Contactez-nous.