Sondage: Industrie minière

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Première publication 25 février 2012 à 09h50
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Crédit photo : Archives Journal de Québec
Par Michel Munger | Agence QMI

Les Québécois des grands centres urbains perçoivent l'industrie minière d'une façon très différente de ceux qui vivent en Abitibi, une région où cette activité est bien implantée.

C'est ce que montre un sondage effectué par Léger Marketing pour Le Journal de Montréal.

Selon l'enquête, réalisée auprès de 606 adultes, du 17 au 19 février, 75% des habitants de l'Abitibi-Témiscamingue ont une «bonne opinion» du secteur, alors que ce taux descend à 41% dans le reste de la province, à 30% à Montréal et à 19% à Québec.

Quant au développement de mines à ciel ouvert, 69% des répondants de l'Abitibi s'y déclarent favorables, contre 46% dans les autres régions.

Selon Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine, ces écarts ne doivent pas surprendre. «Quand tu vis en Abitibi, le secteur minier fait partie de la vie régionale. Ce n'est pas le quotidien des Montréalais.»

André Lavoie, directeur des communications à l'Association minière du Québec, indique que des sondages internes démontraient déjà cette réalité, qui sépare l'Abitibi et la Côte-Nord des autres régions.

«Les gens qui vivent dans les régions minières voient les retombées, ainsi que l'implication de l'industrie en santé et sécurité. Ils y sont plus favorables. Dans les grands centres urbains, on connaît moins bien le secteur», a dit M. Lavoie.

Les grands centres contribuent pourtant au développement minier, a ajouté M. Lavoie. «Les retombées sont majeures à Québec et à Montréal, où l'on retrouve des fournisseurs de technologie. Il y en a 1800 dans la région de Montréal, mais l'on connaît moins cet impact.»

Les points de vue se recoupent, en tout cas, pour ce qui est de l'environnement. Les mesures existantes de protection sont jugées «insuffisantes» par 61% des répondants au sondage en Abitibi et par 63% dans le reste du Québec.

L'impact de l'industrie sur l'environnement et sur la santé est un sujet de préoccupation majeur pour tous: 55% des Abitibiens et 71% des autres Québécois. Par ailleurs, environ 86% de la population croit qu'il faut remplir une fosse une fois l'exploitation de la mine terminée, ce qui est une mesure de restauration.

«Ce sondage confirme la validité du travail que nous faisons depuis quelques années, estime Ugo Lapointe. Les gens font les mêmes revendications que nous. Même en région minière, les dimensions sociales et environnementales sont des préoccupations. Les gens veulent que les fosses soient restaurées et que les municipalités aient leur mot à dire sur les projets.»

André Lavoie dit bien saisir l'enjeu, qui est politisé. Il ajoute par contre que son industrie travaille dur en matière de développement durable et qu'elle doit encore le démontrer.

«Ce travail est déjà fait cas en santé et sécurité, a-t-il dit. Les syndicats avouent eux-mêmes qu'il y a eu des progrès. Nous dirons la même chose en matière d'environnement d'ici quelques années. Je ne dis pas que tout est rose. Nous avons du travail à faire pour asseoir notre crédibilité.»

La marge d'erreur du sondage est de plus ou moins 4%.

L'industrie minière ne servirait pas assez le Québec

Le gouvernement du Québec a effectué une refonte de son régime minier, notamment pour prélever 16% des profits des entreprises en impôt, mais les Québécois ne sont pas convaincus qu'ils reçoivent assez pour leurs ressources naturelles.

Selon le sondage Léger Marketing, 59% de la population juge les redevances perçues comme «insuffisantes». La proportion bondit à 73% chez les Abitibiens.

En matière de retombées pour l'économie, 51% des Québécois estiment que l'on peut faire mieux.

Du côté de l'encadrement, environ 71% de la population est favorable à l'idée que les municipalités puissent accepter ou refuser un projet minier. Le pourcentage est un point plus élevé en Abitibi.

Ces chiffres ne surprennent pas Ugo Lapointe, porte-parole de la coalition Pour que le Québec ait meilleure mine.

«S'il manque un encadrement en Abitibi, là où les gens le constatent, imaginez ce qui peut se passer avec le Plan Nord. À notre avis, les lois et directives doivent être appliquées avec l'ajout de ressources au ministère de l'Environnement.»

 

 

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