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Uniprix ouvrira bientôt une succursale au sein de l'hôpital Pierre-Boucher, à Longueuil. De tels partenariats sont de plus en plus communs au Québec, mais plusieurs observateurs craignent que la tendance cache une tentative d'économiser aux dépens des patients.
«Si le segment de marché des pharmacies au sein des hôpitaux est petit, c'est certainement un créneau complémentaire que nous comptons développer», a expliqué le porte-parole d'Uniprix, Pierre Gince.
L'entreprise a ouvert sa première succursale dans ce créneau il y a un an et demi à l'hôpital de l'Enfant-Jésus, à Québec. L'ouverture de la pharmacie à l'hôpital Pierre-Boucher, le mois prochain, fait partie de la suite logique de cette stratégie. Elle sera la troisième d'Uniprix.
Jean Coutu opère pour sa part quatre pharmacies dans autant d'hôpitaux. Une d'entre elles se trouve au CHU Sainte-Justine. Une cinquième pourrait être ouverte sous peu, mais l'emplacement est confidentiel.
«S'installer au sein d'un centre de santé permet de se rapprocher du client et de rendre service à la population», a souligné la porte-parole de Jean Coutu, Hélène Bisson.
Ce nouveau marché pourrait s'avérer lucratif pour les chaînes de pharmacie puisque le Québec compte 84 hôpitaux.
Il y en a dix uniquement sur le territoire de la Montérégie, selon des chiffres de l'Agence de la santé et des services sociaux de cette région. Uniprix sera la première bannière à ouvrir une succursale dans un de ceux-ci.
«À Montréal, ces partenariats s'en viennent de plus en plus répandus. Il y en a cependant encore très peu», a indiqué Hugo Larouche, porte-parole de l'Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.
Plusieurs lois régissent l'organisation d'activités commerciales dans un hôpital, qu'il s'agisse d'une pharmacie ou d'un restaurant.
En vertu de celles-ci, les hôpitaux désirant avoir une pharmacie dans leur établissement doivent procéder par appel d'offres. Dans le cas de l'hôpital Pierre-Boucher, trois soumissionnaires étaient en lice.
Un hôpital doit aussi s'assurer qu'un partenariat particulier lui garantisse une «contrepartie valable», indique un document du gouvernement adressé aux établissements de soins de santé. Les ententes doivent aussi assurer à l'établissement un revenu net «au moins équivalent à celui qu'il aurait eu s'il avait lui-même exploité l'activité» sans intermédiaire.
Dans le cas de Pierre-Boucher, l'entente prévoit qu'une partie des revenus de la pharmacie doit être versée à la fondation de l'hôpital. Le montant exact est toutefois confidentiel.
«Ces sommes sont utilisées pour l'acquisition d'équipement médical, par exemple», a mentionné France Descôteaux, porte-parole de l'hôpital.
De son côté, le Conseil pour la protection des malades (CPM) craint de voir les hôpitaux demander de plus en plus à leurs patients d'acheter des biens médicaux à la pharmacie privée au lieu de les offrir afin de sauver de l'argent.
«J'ai déjà vu un hôpital demander à un patient, devenu incontinent lors d'une chirurgie, d'acheter les couches pour son séjour, a affirmé le président du CPM, Paul Brunet. C'est dégueulasse. J'ai peur de voir ce genre de situation se multiplier.»
Ces inquiétudes «non fondées» sont rejetées du revers de la main par Mme Descôteaux. Elle a souligné que plusieurs lois régissent ce qu'un centre de santé doit fournir aux patients et assure qu'elles seront toujours respectées.
«Nous refusons déjà à des gens d'apporter leurs pilules, car c'est l'hôpital qui doit leur fournir pendant leur séjour», a-t-elle ajouté.
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