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Au moment où le Fonds de solidarité FTQ doit divulguer les résultats de son dernier exercice demain, l'organisme fait face au vieillissement de son actionnariat, un défi important à une époque où le mouvement syndical n'a pas toujours bonne presse.
Entre 2007 et 2011, l'âge moyen des actionnaires du premier fonds syndical du Québec, dont les actifs totalisent 8,2 G$, est passé de 47,4 ans à un peu moins de 49 ans.
Les décaissements ont aussi eu tendance à augmenter. En 2007, ils touchaient un sommet de 402 M$, qui a cependant été défoncé dans les deux années suivantes.
En 2009, pendant la crise financière, ils avaient atteint un sommet absolu de 647 M$.
Après un recul en 2010, ils repartaient à la hausse en 2011, à 465 M$, une progression de 27% sur un an.
Dans une entrevue donnée en 2011, le PDG du Fonds, Yvon Bolduc, reconnaissait que «les entrées nettes (de fonds) seraient de plus en plus modestes» dans les années à venir et que les rachats d'actions croissants mettaient le Fonds sous pression.
«Ça va être important de renouveler l'actionnariat», affirmait-il.
Or, pour Michel Marcoux, président d'Avantages services financiers, le Fonds de solidarité souffre d'une image qui rend ce défi particulièrement délicat.
«On a entendu beaucoup de choses dans les dernières années sur le mouvement syndical, la collusion. Des gens se sont retirés», a-t-il expliqué.
M. Marcoux soutient que de nombreux clients ne veulent même pas entendre parler des fonds de travailleurs, à cause de leur étiquette syndicale, même si cela signifie renoncer à un généreux crédit d'impôt offert par Québec et Ottawa.
Un planificateur financier, qui n'a pas voulu être nommé, a admis que les jeunes se faisaient tirer l'oreille pour cotiser au Fonds. «C'est très, très rare que je vois un jeune avoir des actions du Fonds FTQ. Les baby-boomers, par contre, en ont quasiment tous. C'est un peu le fonds d'une génération», a-t-il expliqué.
Selon lui, les actions du Fonds sont surtout populaires auprès de gens dans la cinquantaine qui approchent de la retraite. «Un crédit d'impôt de 30% pour des actions conservées cinq ans, c'est 6% par année sans trop de risque», illustre-t-il.
Son point du vue est relayé par Olivier Paré, conseiller autonome en sécurité financière. «De plus en plus, la stratégie est d'acheter des actions du Fonds quelques années avant la retraite. On voit ça énormément», avance-t-il.
M. Paré souligne que le Fonds offre peu d'attrait aux investisseurs à long terme. «Les gens ont tendance à utiliser leur crédit d'impôt pour dépenser immédiatement, et le rendement sur dix ans est inférieur à des fonds comparables», signale-t-il.
Depuis qu'il n'est plus plafonné pour l'émission de nouvelles actions, le Fonds a repris ses campagnes publicitaires dans différents médias. L'organisme se targue d'être parvenu à accroître le nombre de ses actionnaires, qui a crû de 1,4% entre 2007 et 2011, à 583 235.
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