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Les prix des légumes québécois sursauteront en raison de la destruction de récoltes causée par la micro-rafale qui a frappé la Montérégie mercredi dernier. Les importantes pertes subies par les fermiers affecteront aussi temporairement l'approvisionnement.
«Plus de 118 hectares de terres cultivées, sur un total de 125, ont été endommagés. Nos pertes s'élèvent à 300 000$, ou environ 75% de toutes nos cultures», raconte Sylvie Boyer, propriétaire des Fermes Bo-Mon à Saint-Rémi.
L'entreprise utilise une partie de ses récoltes pour nourrir son troupeau de vaches laitières. Une autre partie de ses cultures de blé, de soja et de maïs sont destinés à la vente. Cette année, le marché devra attendre.
Les pertes de certains fermiers atteignent 4 M$. La région touchée couvre une surface de 117 kilomètres carrés. Elle s'étend de Saint-Rémi à Sainte-Clothilde et de Sherrington à Mercier. Les producteurs du secteur se spécialisent surtout dans la production de légumes maraîchers, soit de la laitue, du céleri et des tomates, entre autres.
Plusieurs champs étaient prêts à être récoltés pour une première fois. « C'est autant de produits qui n'atterriront pas comme prévu sur les tablettes de nos épiceries », illustre Chantal Legault, porte-parole de l'Union des producteurs agricoles (UPA).
La disponibilité des fruits et légumes dans les épiceries de la province sera affectée. Les produits les plus touchés seront les laitues, les pommes de terre, les carottes et les oignons. Mais la situation n'est pas catastrophique pour l'instant.
«L'impact sera modéré. Un nombre restreint de détaillants pourrait être forcé d'acheter des laitues de la Californie. La majorité des vendeurs de fruits et légumes, toutefois, pourront continuer de s'approvisionner et d'offrir des produits d'ici», explique André Plante, directeur général de l'Association des jardiniers maraîchers du Québec (AJMQ).
Les prix augmenteront en conséquence. Les effets pourraient être ressentis pour quelques semaines. Il est toutefois très peu probable que la crise dure plus d'un mois, croit Marcel Paré, coprésident du Groupe Épicia, la plus grande chaîne de fruits et légumes de la province. L'entreprise possède les bannières Le Jardin Mobile, Le Marché Végétarien, Les Arpents Verts et Jardin du Mont.
« Les prix augmenteront dès aujourd'hui, dit-il. Par contre, ils ne devraient pas dépasser leur niveau hivernal. Nous sommes chanceux, puisque le printemps 2012 en a été un d'abondance. Les aliments coutaient jusqu'à présent moins cher que les autres années. »
La durée de la hausse des prix dépendra de la vitesse à laquelle les fermiers qui n'ont pas été touchés accélèrent leur production. Plusieurs d'entre eux s'apprêtent à récolter leurs champs dans les semaines qui suivent.
Si le processus prend généralement deux ou trois semaines, ils couperont cette période de moitié en embauchant et en faisant du surtemps. Les produits arriveront plus rapidement sur le marché.
Par ailleurs, en temps normal, entre 30% et 50% des récoltes de l'est du Québec est exporté vers la Nouvelle-Angleterre.
«Les joueurs qui ont l'habitude de vendre à l'extérieur du Québec favoriseront le marché local dans les semaines qui suivent. Ainsi, nous éviterons le pire», assure André Plante.
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