L'AMF moins sévère envers les fonds de travailleurs

Première publication 9 juillet 2012 à 17h48

Jean-François Cloutier
Argent

Les gens qui font le métier de vendre des produits financiers sont fortement encadrés, de façon à éviter le plus possible des scandales à la Earl Jones, Carole Morinville et Vincent Lacroix. Les fonds de travailleurs n'ont toutefois pas les mêmes obligations et jouissent de nombreux privilèges qui inquiètent des intervenants de l'industrie.

Le porte-parole de l'AMF, Sylvain Théberge, a reconnu que le Fonds de solidarité et Fondaction CSN n'avaient pas à subir la même réglementation que les autres vendeurs de produits financiers.

Par exemple, quelqu'un qui veut acheter des actions du Fonds n'a pas besoin de remplir un questionnaire de tolérance au risque. Il n'est pas non plus nécessaire de tester sa solidité financière avant de lui vendre des actions du Fonds, même s'il ne pourra les liquider avant sa retraite, sauf dans des situations exceptionnelles.

Les vendeurs du Fonds FTQ n'ont pas non plus besoin de détenir un permis en épargne collective ou en valeurs mobilières, ni d'avoir une formation spécifique en finances. « C'est parfois un officier syndical, un représentant syndical qui va vendre le produit dans une usine», a admis M. Théberge.

Olivier Paré, conseiller autonome en sécurité financière, souligne pourtant que les fonds de travailleurs représentent du capital de risque, comme en témoigne le crédit d'impôt de 30% offert par Québec et Ottawa. « 80% des épargnants ont un profil d'investisseur équilibré, et c'est vendu à toutes les sauces », déplore-t-il.

Selon M. Théberge, on aurait toutefois tort de s'inquiéter de la situation. « L'AMF a accès aux livres des fonds de travailleurs. Nous comprenons bien leur mécanique de placement», mentionne-t-il.

 
 
 
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