Syndiqués affiliés à la CSN

Une grève dans les hôtels de Montréal cet été?

Première publication 12 juillet 2012 à 17h20
Par Denise Proulx | Argent

Les syndiqués de 35 hôtels de Montréal affiliés à la Fédération du commerce de la CSN augmentent les moyens de pression sur les propriétaires hôteliers. Après l'Hôtel Maritine, c'était au tour du Reine Élisabeth de voter jeudi pour une accentuation des pressions, allant jusqu'au déclenchement d'une grève.

Le syndicat planifie deux périodes de grève de 24 heures. « Ce sera au moment opportun, en été c'est certain, car c'est une bonne période pour établir notre rapport de force », a indiqué leur porte-parole de la CSN, Michel Valiquette.

Depuis quelques jours, devant la lenteur des discussions à chacune de leur table de négociations, les syndiqués ont débuté leurs moyens de pression. Ils ne portent plus leur uniforme de travail et ils promettent d'autres gestes spectaculaires. « Nos travailleurs ont beaucoup d'imagination. Les employeurs seront surpris », poursuit le représentant syndical.

Mercredi, le personnel de l'Hôtel Maritime a voté à 96% pour le déclenchement d'une grève. Plusieurs votes de grève seront pris ailleurs au cours des deux prochaines semaines.

Un recul important

Six points majeurs sont au cœur des négociations. Trois portent sur le travail des cadres, l'affichage des postes vacants et les programmes de service rapide aux chambres, prévoyant un service réduit en échange de coupons pour le bar ou le restaurant. Trois autres concernent les conditions salariales.

Les syndiqués revendiquent également une hausse de leur salaire de 5% par année pour les trois prochaines années et une augmentation de la contribution de l'employeur au régime de retraite de 2%. Actuellement, les préposés aux chambres gagnent 20,11$ l'heure.

« Les hôteliers disent non à toutes nos demandes », dénonce Michel Valiquette. Selon la CSN, les employeurs veulent pouvoir diminuer de moitié les horaires de travail de 8 heures à 4 heures par jour, allant même jusqu'à 3h. « C'est un recul important à chaque table. Il s'attaque à des gains obtenus il y a 25 ans », dit-il.

Les syndiqués rejettent aussi leur demande de revoir le statut d'emploi, qui pourrait du coup accorder aux hôteliers la liberté de modifier des postes pour qu'ils passent de temps plein à temps partiel. « C'est pour ne pas avoir à payer de régime de retraite et d'assurance collective », accuse Michel Valiquette.

Les négociations coordonnées, débutées en avril dernier, sont toujours en cours, mais au moins 6 à 7 dossiers sont rendus à l'étape de la conciliation.

Besoin de flexibilité

«Les hôteliers ont besoin de flexibilité pour gérer leurs établissement», argumente William E. Brown, le porte-parole de l'Association des hôteliers du grand Montréal. Il ajoute que l'industrie dans son ensemble subit diverses variantes de clientèle et a subi un mois de mai décevant à cause de la grève étudiante. À cause de fluctuations dans les marchés économiques, les taux d'occupation sont similaires à ce qu'ils étaient entre 2002 et 2006, complète-t-il.

Selon le bilan touristique de l'été 2011 à Montréal, le taux d'occupation des hôtels entre mai et septembre de la même année était de 78,1%, pour une moyenne annuelle globale de 67,24%. En 2006, le taux occupation s'élevait à 79,8%.

Selon des données du Conference Board du Canada, les perspectives économiques du secteur touristique sont excellentes pour les années à venir. L'organisme prévoit des augmentations des dépenses touristiques totales au Québec de 3,4% en 2012, de 4,8% en 2013, de 4,9% en 2014 et de 4,7% en 2015.

Quelque 5500 travailleurs de l'industrie hôtelière sont concernés par le renouvellement leurs conventions collectives, dont la majorité sont échues depuis le 30 juin dernier.

 
 
 
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