
![]() |
Déçu du faible intérêt des grands détaillants pour ses créations, un concepteur de jeux de société de Longueuil, a décidé de brader son stock ce week-end, un geste qui s'apparente à une grève de la faim pour protester contre la mainmise américaine sur le marché du jeu.
Fernand Lapointe, propriétaire de ZAP Zone d'amusement populaire, distribuera gratuitement samedi et dimanche une douzaine de types de jeux de société à son entrepôt du 1311, chemin de Chambly, à Longueuil.
«150 000$ de jeux dorment dans mon entrepôt. Si ça peut contribuer à les faire connaître, ce sera déjà ça», a-t-il dit.
L'entrepreneur dit être au bout du rouleau devant le refus répété des grandes surfaces d'offrir ses jeux.
«Les grands magasins qui prétendent encourager les entreprises québécoises, je veux dire que c'est faux. Il n'y a pas d'intérêt réel pour les produits québécois», a-t-il laissé tomber.
M. Lapointe affirme avoir englouti toutes ces économies, soit des centaines de milliers de dollars, pour lancer son entreprise.
Après avoir travaillé dans le secteur des technologies, il a créé une douzaine de jeux de société, dont certains ont connu un succès d'estime dans le monde de l'éducation.
«La réception est excellente quand les gens essaient les jeux. J'ai vendu 8000 jeux d'échecs à des écoles canadiennes, mais ce n'est pas assez», explique-t-il.
Un de ces jeux, La Bourse, s'apparente selon lui au Monopoly, mais «en plus intéressant».
D'autres jeux reprennent des classiques, comme les échecs, les dames, serpent et échelles, mais y ajoutent des variantes.
Selon M. Lapointe, le géant américain Hasbro jouit d'une position tellement dominante dans le marché à fort volume qu'elle équivaut à un monopole. «Hasbro menace de retirer ses produits si un commerçant veut offrir d'autres choix», affirme-t-il.
Mecque du jeu au Canada
Malgré ces difficultés, à l'échelle du Canada, le Québec fait figure de Mecque du jeu de société, selon Christian Lemay, PDG du Scorpion masqué, un éditeur de jeux.
M. Lemay, qui est parvenu à vendre 60 000 exemplaires de son jeu J'te gage que…, ce qui est considéré comme un exploit, signale qu'il existe une dizaine d'éditeurs de jeux au Québec, alors qu'il n'est capable de n'en nommer qu'un ou deux dans le reste du Canada.
«Nous achetons au Québec plus de jeux qu'il ne s'en vend dans tout le reste du Canada», signale-t-il.
Selon M. Lemay, il est extrêmement difficile de percer le marché nord-américain, qui est dominé par quelques grands noms.
Joint par Argent, le porte-parole de Walmart, Alex Roberton, a nié tout désir des détaillants d'écarter les acteurs québécois. «Au contraire, nous faisons spécialement la promotion des produits québécois. On recherche l'originalité, l'innovation», a-t-il dit.
M. Roberton a souligné que Walmart vendait déjà les jeux de société de l'entreprise québécoise Gladius, qui adapte des émissions de télé.
![]() |
Entrevue exclusive avec Jacques Parizeau Il espère voir la souveraineté se réaliser |
![]() |
Répit de courte durée L'essence passe de 1,09$ à 1,35$ |
![]() |
Jamais vu depuis 2006 De l'essence à 1,09$ |
![]() |
Fermeture d'Electrolux Québec investit 600 000$ |
![]() |
Brossard Le Quartier DIX30 est maintenant géré par Carbonleo |
![]() |
Entrevue exclusive avec Jacques Parizeau Le Québec «doit arrêter d'avoir peur» |