Croissance

Les affaires vont bien dans la transformation bioalimentaire

Première publication 27 juillet 2012 à 17h37
Les affaires vont bien dans la transformation bioalimentaire
La moitié des livraisons de la province est liée à la transformation de la production animale, comme les produits laitiers et la viande.
Par Simon Lord | Argent

L'industrie québécoise de la transformation bioalimentaire vit de bonnes années et a connu une croissance de 9% entre 2006 et 2011. Malgré cela, Québec lance un nouveau programme de financement pour le secteur, un geste à saveur électorale, disent certains.

Le secteur de la transformation emploie 65 000 personnes qui travaillent au sein de 2 000 établissements, selon le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation (MAPAQ). Plus de 70% de la production agricole de Québec est transformée ici.

«Il s'agit d'un secteur qui se maintient, parce que les gens doivent manger. Ça va donc relativement bien», indique Sylvie Cloutier, présidente-directrice générale du Conseil de la transformation alimentaire et des produits de transformation (CTAC), l'organisme qui chapeaute l'industrie.

Entre 2010 et 2011, les livraisons manufacturières du secteur de la transformation bioalimentaire ont augmenté de 3,5% pour atteindre 23,8 G$. La part du Québec dans les livraisons canadiennes est passée de 22,8% en 2005 à 25,2% en 2011.

La moitié des livraisons de la province est liée à la transformation de la production animale, comme les produits laitiers et la viande. Les boissons et le tabac suivent avec une part de 15%, légèrement plus que les boulangeries et tortillas, qui accaparent environ 10%.

Une croissance savoureuse

Pizzas Stromboli, une entreprise qui fait la confection de pizzas surgelées, témoigne très bien de la vitalité du secteur.

«Au cours des cinq dernières années, notre chiffre d'affaires s'est multiplié par cinq. Depuis six ou sept ans, nous doublons nos ventes chaque année», dit le président de l'entreprise, Alexandre Brunet. Aujourd'hui, il vend en moyenne un million de pizzas par année.

La concurrence, toutefois, est féroce. «Contrairement aux secteurs comme l'aéronautique, nous ne jouissons pas de marges bénéficiaires importantes», explique Sylvie Côté.

Il est aussi difficile pour plusieurs entreprises de réussir à emprunter de l'argent auprès des banques. Certaines sont trop jeunes, d'autres sont peu performantes alors que plusieurs font de faibles profits.

Annonce électorale?

La bonne santé du secteur n'a cependant pas empêché le gouvernement Charest d'y investir davantage. Vendredi matin, le MAPAQ annonçait en conférence de presse la création du Fonds de l'industrie bioalimentaire du Québec, jouissant d'une enveloppe de 40 M$. Québec fournit 10 M$, alors que d'autres acteurs du secteur complètent le montant.

«Ce levier permettra à l'industrie de se développer davantage et de renforcer la capacité concurrentielle des entreprises qui y œuvrent», a expliqué le ministre Pierre Corbeil.

La création du fonds permettra aux PME de l'industrie de toucher à des capitaux d'investissement à un coût «raisonnable», quoiqu'aucun taux précis n'ait été mentionné. Les montants prêtés oscilleront entre 300 000$ et 2 M$. Ils serviront à acheter de la nouvelle machinerie, par exemple, pour améliorer la productivité des firmes.

S'agit-il d'une manœuvre électorale? «Peut-être», répond Alexandre Brunet. Il compte néanmoins faire appel au fonds afin d'améliorer la productivité de son entreprise.

Sylvie Cloutier s'est dite très heureuse de l'annonce, puisque le CTAC «demandait la mise sur pied d'un tel programme depuis une dizaine d'années».

 
 
 
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