Le Québec doit-il exporter davantage ses ressources ?

Première publication 13 août 2012 à 16h24
Le Québec doit-il exporter davantage ses ressources ?
Crédit photo : archives Agence QMI
La mine Jeffrey.
Par Michel Munger | Argent

L'enrichissement du Québec passe par l'exportation de ressources naturelles, qui sont en demande des pays émergents. C'est le plaidoyer de Stéfane Marion, économiste en chef de la Financière Banque Nationale.

De 2001 à 2011, les ventes à l'étranger sont passées de 71 G$ à 63,5 G$. La fabrication a été frappée de plein fouet, notamment avec un recul du côté des avions.

Comment renverser la tendance?

Selon M. Marion, il est difficile de compter sur le secteur manufacturier. Des gains de productivité peuvent être effectués mais la population vieillit, ce qui en limite l'impact.

«[La solution] est l'exportation des produits de base, qui devraient monter en prix avec la croissance des pays émergents, indique M. Marion. Nous pourrions aller chercher un effet de richesse sur lequel nous n'avons pas vraiment misé auparavant.»

La croissance a toutefois ralenti dans ces pays et l'incertitude économique est rendue mondiale.

«Il y aura toujours des cycles, reconnaît Stéfane Marion, mais la planète compte sept milliards d'individus et la population continue d'augmenter. Il y aura une demande pour les ressources, c'est inéluctable. L'économie mondiale croîtra de plus que 3% par année à moyen terme et ça ne changera pas. La croissance en Chine et en Asie n'est pas terminée.»

En pleine campagne électorale, le Québec débat toutefois de l'utilisation à faire des matières premières et des redevances à percevoir.

M. Marion ne voit toutefois pas l'exportation de ressources comme un péché. «Je ne perçois pas ça comme de l'impérialisme, de l'exploitation ou une faiblesse, raconte-t-il. La Norvège exporte beaucoup de ressources et ce n'est pas vivre dans le tiers-monde d'en vendre à l'étranger. Le Québec est riche en la matière. Il ne faut pas cracher là-dessus.»

Le Québec, qui expédie environ les deux tiers de ses exportations aux États-Unis, a avantage à se tourner vers les pays émergents, réagit Audrey Azoulay, directrice Recherche et relations gouvernementales aux Manufacturiers et exportateurs du Québec.

«L'impératif d'internationaliser l'économie est intact, dit-elle. Le Québec est devenu un importateur net depuis 2006 et ça grignote nos points de croissance.»

Mme Azoulay croit toutefois qu'il faut mettre davantage l'accent sur la fabrication et elle trouve la campagne électorale silencieuse sur cet aspect. «Je ne crois pas que l'on a saisi l'importance du secteur manufacturier. C'est fondamental et je n'en ai pas encore entendu parler.»

Toutefois, avance-t-elle, il faut commencer par rendre la fiscalité québécoise plus concurrentielle. «Les petites et moyennes entreprises paient 8% de leurs profits en impôt, ce qui est le double de l'Ontario. Les charges sociales sur la masse salariale, comme le régime d'assurance parentale, briment aussi notre compétitivité.»

 
 
 
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