Renaissance des Nordiques et des Expos d'ici 2035?

Première publication 23 août 2012 à 19h38
Renaissance des Nordiques et des Expos d'ici 2035?
Crédit photo : archives Agence QMI
Agence QMI

Une croissance économique et démographique soutenue d'ici 2035 pourrait donner un coup de fouet au marché canadien des franchises sportives. Québec risque fort d'avoir son équipe de hockey, alors que les Expos pourraient renaître de leurs cendres, selon une étude du Conference Board.

«Québec a tous les ingrédients pour avoir son équipe, a expliqué Michel Lefebvre, co-auteur d'une étude sur les équipes sportives publiée jeudi. Les gens ont l'argent. Le dollar est fort et le restera. On n'est plus à 0,75 $ US, comme lorsque l'équipe a quitté.»

La population de la ville de Québec connaîtra, par ailleurs, une croissance annuelle de 0,8% au cours des 25 prochaines années pour atteindre un peu plus de 900 000 habitants. Une franchise dans la capitale pourrait même bénéficier du soutien de sociétés établies ailleurs dans la province, estime le Conference Board.

«Une fenêtre va finir par s'ouvrir et Québec trouvera sa franchise, a souligné André Richelieu, expert en marketing sportif à l'Université Laval. Il y a beaucoup d'équipes en difficulté aux États-Unis, comme les Coyotes et les Panthers, alors que la Vieille Capitale serait très rentable.»

Une autre franchise de hockey pourrait s'installer à Hamilton. Hors de ces deux villes, toutefois, point de salut d'ici 2035 pour la LNH. Au total, plus de 15 équipes de sport professionnel pourraient naître, ou réapparaître, au pays au cours de cette période.

Nouveau souffle pour les Expos

Le marché montréalais réunirait, pour sa part, toutes les conditions nécessaires pour soutenir une franchise de la Ligue majeure de Baseball d'ici le prochain quart de siècle. C'est donc dire qu'une renaissance des Expos n'est pas inimaginable.

La population du Montréal métropolitain devrait passer à près de 5 millions de personnes en 2035, soit une augmentation de plus de 1 million par rapport au niveau actuel. Les deux tiers de ce nombre seront âgés de 65 ans et plus. Ce vieillissement de la population est un facteur qui joue en faveur d'un retour d'une équipe à Montréal.

«Le baseball est un sport au rythme moins effréné et à l'atmosphère plus tranquille, a souligné le rapport. Les amateurs ont plus l'occasion de discuter avec leurs amis en buvant une bière.»

Il faudrait toutefois des propriétaires bien nantis, un nouveau stade et de nouvelles règles, a indiqué M. Lefebvre.

«Les Expos ont quitté parce que les gens n'avaient plus d'intérêt, l'équipe était mauvaise, a-t-il ajouté. Il faudra donc aussi réglementer pour favoriser une concurrence plus équitable entre les franchises. Les Montréalais ne seront pas au rendez-vous si l'équipe n'est pas compétitive.»

Passer au soccer

André Richelieu estime que la marche à franchir pour assister à un retour d'une équipe professionnelle de baseball à Montréal est grande pour l'instant.

«On ne risque pas de voir, par exemple, la ligue imposer un plafond salarial, ce qui permettrait de limiter les coûts, a-t-il mentionné. Les Yankees ont une masse salariale de 250 millions $. Montréal n'aurait pas beaucoup de chances d'attirer de bons joueurs.»

Par ailleurs, le soccer gagne en popularité depuis plusieurs années, entre autres à cause de l'immigration. Plusieurs nouveaux arrivants amènent avec eux une passion pour le sport provenant de leur pays d'origine.

«Avec l'Impact et l'excellente performance de l'équipe du Canada de soccer féminin aux Olympiques, le Baseball ne peut que perdre du terrain au profit d'un engouement grandissant pour le soccer», a noté André Richelieu.

 
 
 
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