10 ans plus tard

GM à Boisbriand: un anniversaire et un avertissement

Première publication 29 août 2012 à 13h14
GM à Boisbriand: un anniversaire et un avertissement
Crédit photo : archives, L'Écho du Nord
Par Michel Munger - michel.munger@tva.ca | Argent

Il y a 10 ans, la dernière voiture sortait de l'usine de General Motors (GM) à Boisbriand. Ce triste anniversaire, dont la ville s'est relevée, rappelle ce qui guette parfois les industries en sol québécois.

En premier lieu, Boisbriand a plutôt bien encaissé le choc malgré la perte de 1200 emplois de qualité. Sur le site de l'usine, on retrouve aujourd'hui le Faubourg Boisbriand. Ce complexe compte des développements immobiliers qui doivent un jour atteindre 1700 logements.

La qualité de vie et le respect de l'environnement sont au cœur de la relance du quartier.

De plus, le secteur est devenu l'hôte d'importants développements commerciaux.

Le résultat, c'est que la Ville de Boisbriand prévoit de recevoir 10 M$ en taxes par année, soit quatre fois plus que celles de GM à l'époque.

Son taux de chômage avait même fléchi malgré la fermeture, passant de 4,5% à 4,3% de 2001 à 2006. Des entreprises telles que Bombardier, Pratt&Whitney et Nova Bus ont créé des emplois à proximité de la ville. Le revenu médian des ménages est même resté stable à 62 900 $.

La fermeture de l'usine a cependant signé l'arrêt de mort attendu de l'automobile au Québec, souligne Luc Desnoyers, directeur des TCA à l'époque.

«L'industrie souffrait de façon profonde et [ça a culminé] quand GM et Chrysler ont fait faillite, raconte-t-il. Il y avait quand même une chaîne d'approvisionnement qui tournait autour de Boisbriand. Différents fournisseurs faisaient des produits en caoutchouc et des pièces de suspension. La majorité des sites ont fermé leurs portes.»

La fermeture a aussi entraîné une forme de déficit économique, poursuit M. Desnoyers. «Comme je le dis souvent, nous vendons plus de 400 000 véhicules neufs par année au Québec. C'est l'équivalent de deux usines. Nous n'avons pas notre juste part de cette industrie.»

M. Desnoyers craint maintenant que l'aérospatiale et ses 42 000 travailleurs québécois risquent d'essuyer des pertes au profit du reste du Canada. C'est ce qui s'est produit avec le transfert d'emplois d'Aveos vers l'Ontario.

«Je pense qu'ils vont venir nous gruger ça tranquillement et combler leurs pertes dans d'autres secteurs», craint-il.

USINE GM DE BOISBRIAND - FAITS SAILLANTS

1965 : Fondation

1987 : Agrandissement (450 M$)

Aide financière de 220 M$ (Québec et Ottawa)

1997 : annonce la fin de la production de la Camaro en 2001

1999 : proposition d'un plan de sauvetage par Québec

2001 : annonce la fermeture définitive dans un an

2002 : Fermeture et perte de 1200 emplois


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