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L'usine de Boisbriand a rarement été rentable et la concurrence nord-américaine était trop forte. Tels sont les mots qui expliquent pourquoi l'assemblage automobile a échappé au Québec.
«Boisbriand a été rentable pendant quelques années, mais elle ne pouvait pas faire ses frais par la suite, explique Marc Bouchard, rédacteur en chef d'Autonet.ca. Garder l'usine ouverte n'était pas possible, malgré la modernisation et les prêts consentis par les gouvernements. GM a opté pour une centralisation dans la région de Windsor et Detroit.»
En plus de ce pôle, plusieurs juridictions des États-Unis ont livré une concurrence sans pitié au Québec alors que l'industrie concentre ses installations.
«Les États-Unis sont agressifs avec la fiscalité pour attirer des entreprises, État par État, indique Marc Bouchard. Des territoires comme l'Alabama et l'Arkansas, où l'assemblage ne se faisait pas auparavant, ont reçu des grands fabricants qui desservent l'ensemble de l'Amérique du Nord.»
«Je ne pense pas que nous reverrons ce type d'usine ici, ajoute le chroniqueur auto. Ça n'empêche pas le marché d'être important au Québec, avec un chiffre d'affaires industriel de 4 G$ par année.»
Selon lui, les fabricants québécois se sont spécialisés dans des technologies de pointe afin de demeurer des sous-traitants.
«À Boucherville, dit M. Bouchard, une entreprise [NDLR: Bathium] fabrique des batteries pour des voitures électriques Bolloré, vendues en Europe. On parle de 200 PME au total et d'emplois bien rémunérés.»
La fin de l'assemblage au Québec a tout de même entraîné une forme de déficit économique, affirme Luc Desnoyers, directeur des Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) à l'époque.
«Comme je le dis souvent, nous vendons plus de 400 000 véhicules neufs par année au Québec, souligne-t-il. C'est l'équivalent de deux usines. Nous n'avons pas notre juste part de cette industrie.»
M. Desnoyers plaide dorénavant pour une nouvelle vague de transformation.
«Si l'on pouvait seulement mettre une usine de roues au bout d'une aluminerie au Saguenay-Lac-St-Jean, dit-il, elle pourrait fournir beaucoup d'installations en Amérique du Nord. Pour le faire, ça prend toutefois de la volonté politique. Quand on négocie une entente avec Rio Tinto, on peut imposer des conditions.»
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