Québec 2012

Le CH mis en échec par les hausses d'impôts du PQ?

Première publication 29 août 2012 à 17h08
Le CH mis en échec par les hausses d'impôts du PQ?
Crédit photo : archives, Agence QMI
Par Simon Lord | Argent

Si le PQ prend le pouvoir, le hockeyeur Andrei Markov paiera 400 000$ de plus d'impôts, pour un total de 3,1 M$. Les Canadiens de Montréal pourraient aussi être privés de bons joueurs.

«Quand un joueur a des offres d'emploi de plusieurs équipes, il pense à l'impôt, ça compte pour beaucoup. À cause de cela, ici, on doit surpayer les hockeyeurs pour compenser. Quand tu lui donnes un million de plus, l'imposition le dérange moins», explique un ex-joueur du Canadien, qui préfère ne pas être cité.

Le Parti québécois propose de faire passer de 24% à 31% le taux d'imposition sur les revenus dépassant les 250 000$. Cela signifie que le taux d'imposition marginal fédéral et provincial grimperait à 55,2% pour les Québécois les plus riches, calcule Stéphane Leblanc, fiscaliste associé chez Ernst & Young. Ils paient actuellement 48,2%.

L'équipe des Canadiens de Montréal a cette année une masse salariale de 60 M$ US, selon NHLNumbers.com. L'impôt payé sur cette somme s'élève donc à un peu moins de 29 M$. Ce montant passerait à environ 33 M$ si la proposition du PQ devenait réalité. C'est 4 M$ de plus.

Ces estimations d'Argent sont faites sur la base du taux d'imposition maximal applicable dans la province et tiennent pour acquis que tous les joueurs sont résidents du Québec.

L'équipe des Canadiens de Montréal n'a pas voulu faire de commentaires.

Moins compétitive

Plusieurs joueurs de la Ligue nationale de hockey (LNH) préfèrent jouer aux États-Unis, puisque pour une même offre, ils gardent plus d'argent dans leur poche, insiste André Richelieu, professeur de l'Université Laval en marketing du sport.

«En Floride, il n'y a que l'impôt fédéral. Le taux maximal s'élève à 35%», indique Daniel Tremblay, expert en fiscalité internationale chez Raymond Chabot Grant Thornton.

Les joueurs n'ont cependant pas besoin d'aller aussi loin. Les joueurs des Flames de Calgary et des Oilers d'Edmonton profitent du faible taux marginal fédéral – provincial de 39%.

Et si l'imposition élevée au Québec est déjà une problématique, celle-ci risque de se corser si la hausse des taux proposée par le PQ se concrétise.

La solution pour le Canadien pourrait être d'augmenter encore les salaires de telle sorte que les joueurs gardent un plus gros montant dans leurs poches. Mais cela signifie des coûts supplémentaires pour l'équipe.

«Et de toute façon, une équipe de la LNH ne peut pas augmenter les salaires comme elle le veut», rappelle André Richelieu. Cette année, la masse salariale maximum pour chaque équipe du circuit Bettman s'élève à 70,2 M$ US.

Le résultat final pourrait être une perte de compétitivité de l'équipe des Canadiens.

Pas nouveau

Les craintes liées à la perte de joueurs causée par une lourde imposition au Québec ne datent pas d'hier.

«Au cours des années 1990, le directeur général des Nordiques Pierre Pagé se disait déjà préoccupé par ce phénomène», rappelle André Richelieu.

Plus récemment, au baseball, c'est le directeur des Blue Jays de Toronto qui a fait une sortie en ce sens. Il estimait qu'il serait difficile d'aller chercher de bons joueurs quand l'imposition dans certains États américains est très faible.

Et cela, au moment où l'Ontario imposait ses super-riches au taux de 46,4%, inférieur au 48,2% du Québec.

 
 
 
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