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Le patronat a réagi rapidement mercredi à l'élection du nouveau gouvernement péquiste. Il s'interroge, voire s'inquiète, de certaines propositions du programme du gouvernement de Pauline Marois, tout en félicitant cette dernière.
La présidente directrice-générale de la Fédération des chambres de commerce du Québec, Françoise Bertrand, a salué l'élection d'une première femme à la tête de gouvernement du Québec.
Mme Bertrand a toutefois affirmé que les entrepreneurs s'interrogent quant à «la réconciliation difficile à faire avec les promesses faites durant la campagne» par le PQ.
«On a des questions, pas des inquiétudes, a-t-elle indiqué. Nous voulons laisser la chance au coureur. Mais nous avons un gouvernement minoritaire, avec une très forte opposition, et on se demande si on va faire pouvoir faire avancer ou maintenir des choses.»
Mme Bertrand a souligné que les gens d'affaires ont besoin de savoir ce à quoi s'attendre et d'un climat favorable pour faire progresser les entreprises. «Notre crainte, c'est qu'on passe à une phase immobile, et nous n'en avons pas les moyens», a-t-elle précisé.
Le président du CPQ, Yves-Thomas Dorval, a été beaucoup plus direct dans ses commentaires, demandant à Mme Marois de rassurer les investisseurs quant aux intentions du gouvernement «pour éviter un ralentissement potentiel des investisseurs privés».
M. Dorval s'inquiète tout particulièrement des changements proposés à la Charte de la langue française et aux lois du travail avec, entre autres, un renforcement éventuel des dispositions anti-briseurs de grève, «ce à quoi les employeurs s'opposeraient vigoureusement».
Sur le plan des finances publiques, M. Dorval a affirmé que le Québec ne dispose pas de la marge de manœuvre financière nécessaire pour «payer toutes les dépenses associées aux différentes promesses électorales».
Parmi ces promesses, le CPQ souligne l'annulation de l'augmentation prévue des droits de scolarité universitaire et des tarifs d'électricité, ainsi que l'abolition de la contribution santé.
M. Dorval estime que les hausses d'impôt envisagées pour les contribuables plus aisés ou les entreprises constituent également un «risque réel de ralentissement de l'investissement, en particulier en ce qui concerne les changements envisagés aux redevances sur les ressources naturelles».
Du même souffle, le CPQ réclame que le gouvernement revoie plusieurs de ses propositions et les soumette à une analyse afin d'en mesurer les impacts.
Pour sa part, Martine Hébert, vice-présidente, Québec, de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI), a préconisé «des gestes concrets» du gouvernement du PQ pour répondre aux préoccupations des dirigeants de PME en matière de fiscalité, de réglementation, de croissance économique et d'assainissement des finances publiques.
Selon Mme Hébert, la croissance des PME, «le poumon de l'économie», passe notamment par des mesures structurantes qui leur donneront de l'air «afin qu'elles puissent créer plus d'emplois et générer davantage d'investissements».
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