Asbestos

L'élection du PQ suscite des craintes à la mine Jeffrey

Première publication 5 septembre 2012 à 19h04
L'élection du PQ suscite des craintes à la mine Jeffrey
Crédit photo : archives Agence QMI
Par Simon Lord | Argent

Le Mouvement Pro Chrysotile craint que l'élection du Parti québécois ne fasse dérailler la relance de la mine Jeffrey, à Asbestos, qui créait 500 emplois durant 20 ans. L'organisme demande à Pauline Marois de mettre sur pied une commission scientifique avant d'annuler le prêt consenti à la mine.

«Comme elle forme un gouvernement minoritaire, ça risque d'être plus difficile de tenir sa parole. Je ne sais pas quelle décision elle prendra, mais il serait mal avisé de retirer le prêt, comme elle le désirait, sans connaître adéquatement la question», a affirmé Serge Boislard, président du mouvement.

Au cours de la campagne, le PQ a indiqué qu'il annulerait le prêt de 58 millions $ accordé par le gouvernement Charest à la mine Jeffrey pour permettre sa relance. Les montants devaient ensuite être utilisés pour stimuler l'économie de la région et lui permettre de se diversifier. Un plan qui inquiète le Mouvement Pro Chrysotile.

«On est dans une région où il y a peu d'emplois disponibles. Il n'y a pas d'avenir réellement prometteur, si on exclut la mine», a dit Serge Boislard.

Environ 500 emplois directs devraient être créés sur une période de 20 ans grâce à la relance de la mine Jeffrey, selon des responsables du projet. Cela correspond à un total de 55 millions $ en salaires versés chaque année, ou 1,1 milliard $ de masse salariale totale au cours de cette période.

Le nombre d'emplois indirects qui sont générés par ce secteur dans la région atteint le millier.

«Disons que ça augure mal pour l'industrie à moins que les parlementaires prennent des positions intelligentes», a déclaré Serge Boislard.

Le porte-parole de la mine Jeffrey, Guy Versailles, s'est fait avare de commentaires. « Il y avait une entente avec le gouvernement, alors pour l'instant, nous continuons de travailler. L'élection a eu lieu hier, alors un cabinet sera formé et on verra ce qui se passe par la suite », a-t-il dit.

Rencontre demandée

Le Mouvement Pro Chysotile demande à rencontrer la chef du parti. «Ce n'est pas la première fois. On a toujours refusé de nous rencontrer. Les conservateurs fédéraux, eux au moins, ont échangé avec nous à maintes reprises», a dit M. Boislard.

Il veut s'assurer que le gouvernement péquiste mette sur pied une commission scientifique avant de tourner le dos au projet entamé par le gouvernement Charest.

«Mme Marois doit réellement consulter des scientifiques. Je ne parle pas d'une commission parlementaire qui maquillera une position déjà prise», a indiqué Serge Boislard. Il estime que la chef devrait au moins attendre les conclusions de la Cour suprême du Brésil qui a récemment débattu des effets du chrysotile sur la santé.

Le président de l'organisme se désole, par ailleurs, que des candidats du parti aient changé d'avis après la prise de position de Pauline Marois. «Etienne-Alexis Boucher, par exemple, nous appuyait avant que la chef se prononce», a-t-il affirmé.

Les électeurs contre le PQ

Les électeurs de la circonscription de Richmond, où se trouve Asbestos, se sont positionnés mardi en faveur du Parti libéral. Cela laisse croire au Mouvement Pro Chrysotile que les électeurs de la région s'opposent à l'annulation du prêt proposée par le PQ.

«Les gens veulent que l'on continue d'extraire la ressource», a dit M. Boislard.

 
 
 
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