Étude

Les Québécois, moins «à la cenne» qu'ailleurs au pays

Première publication 6 septembre 2012 à 11h07
Les Québécois, moins «à la cenne» qu'ailleurs au pays
Crédit photo : archives
Par Simon Lord | Agence QMI

Si les finances publiques du Québec sont éprouvées par rapport aux autres provinces, c'est plutôt l'inverse dans le cas des finances personnelles. Malgré cela, la situation est loin d'être rose pour les consommateurs, qui sont parfois poussés à la faillite par l'endettement excessif.

«Le tiers des Québécois indiquent qu'ils se retrouveraient dans une situation difficile si leur paie était retardée d'une semaine. C'est la meilleure performance au pays», a indiqué Caroline Bernard, présidente du conseil de l'Association canadienne de la paie (ACP).

Plus de 47% des Canadiens indiquent qu'un retard de paie les mettrait dans l'eau chaude. La Saskatchewan et la Colombie-Britannique sont les deux provinces qui suivent immédiatement le Québec, avec 46% des répondants qui abondent en ce sens.

Si les chiffres indiquent que les finances personnelles des travailleurs québécois sont en meilleure santé que leurs collègues ailleurs au pays, la réalité est que peu de gens ont un compte bancaire qui n'est pas dans le rouge.

«Si la voiture brise ou que le toit de la maison coule, par exemple, il faut alors pelleter nos dettes dans la marge de crédit. C'est un peu un cercle vicieux qui amène plus de stress», a précisé Richard Giroux, planificateur financier et président d'Option Fortune.

La goutte qui fait déborder l'endettement

C'est un cercle vicieux qui peut aussi amener la visite d'un huissier, ou presque. «Parfois, un petit pépin fait tout dégringoler et les gens se retrouvent dans nos bureaux afin de déclarer faillite ou faire une proposition de consommateur», a indiqué Pierre Fortin, syndic de faillite et vice-président de Fortin et associés.

Au Québec, 30% des employés dépensent leur paie nette, selon l'ACP.

En conséquence, l'endettement des consommateurs atteint des sommets. La dette moyenne des ménages au pays est actuellement de 112 329$, pour un remboursement mensuel moyen de 1140$, selon une étude de BMO publiée cette semaine. Le quart des Canadiens seulement n'ont aucune dette.

«La dette moyenne encourue sur la carte de crédit des consommateurs qui déclarent faillite est de 21 000$, c'est énorme», a dit M. Fortin, citant des chiffres du surintendant des faillites Canada.

Payer les dettes avant d'en succomber

Plusieurs consommateurs vivent simplement au-dessus de leurs moyens. «Il y a des gens qui réussissent à se faire une réserve, mais qui la vident aux deux semaines. Il faut alors revoir son budget, laisser tomber les cafés au comptoir du coin ou se faire un lunch plutôt que de l'acheter», a proposé Richard Giroux.

Les gens dont l'argent brûle simplement les mains, eux, doivent se donner les moyens de remédier à leurs problèmes. «On peut, par exemple, demander au responsable de la paie de l'entreprise où on travaille de prélever automatiquement un plus gros montant sur son salaire afin de le déposer dans son REER», a suggéré Caroline Bernard.

Les experts indiquent qu'il faut avoir environ 10 % de sa paie nette, ou entre un et trois mois de salaire selon le niveau de confort, dans un compte accessible facilement afin de remédier aux imprévus.

Plus de 71% des employés de la province tentent d'épargner davantage, selon l'ACP. C'est cinq points de pourcentage de plus que la moyenne canadienne, ce qui les place au sommet au pays.

 
 
 
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