Bell-Astral serait «néfaste pour des générations»

Première publication 12 septembre 2012 à 19h51
Bell-Astral serait «néfaste pour des générations»
Crédit photo : TVA Nouvelles
Le président et chef de la direction de Cogeco, Louis Audet.
Par Michel Munger | Argent

Le président et chef de la direction de Cogeco, Louis Audet, a lancé une charge à fond de train contre Bell Canada et son projet d'acheter Astral: «une fois que le monstre créé, il est impossible de le contrôler et la réglementation est vouée à l'échec».

C'est en jonglant avec les phrases-chocs que le grand patron du câblodistributeur Cogeco a dénoncé, mercredi, la transaction de 3,4 milliards $ que propose son rival en matière de télécoms.

M. Audet a souligné que Bell n'accepte pas le fardeau de la preuve qui lui est imposé par le CRTC, lors des audiences publiques qui se tiennent cette semaine. Il n'a pas été convaincu par les arguments présentés jusqu'ici, qui vont de mieux concurrencer Québecor jusqu'à bonifier l'offre aux clients.

L'enjeu, a raconté M. Audet, est plutôt que «les consommateurs canadiens assisteraient tout simplement à la disparition du plus important producteur et programmateur indépendant de contenus audiovisuels au Québec et au Canada». Il a ajouté que Montréal perdrait un siège social et que l'industrie en soi deviendrait trop concentrée.

«Les consommateurs ne sont pas dupes: ils comprennent très bien qu'il y aurait en fait moins de concurrence si cette mégatransaction devait être approuvée», a-t-il expliqué aux conseillers du CRTC.

Le CRTC, a-t-il poursuivi, ne doit pas se laisser distraire par la bonification de 41 millions $ des avantages tangibles que Bell verserait dans le cadre de la transaction, ni par les questions sur leur répartition.

Ce débat serait une «manoeuvre de diversion qui vise à permettre à Bell d'échanger une poignée de dollars dans des concessions de dernière minute pour l'approbation d'une transaction contraire à l'intérêt public».

Selon lui, l'achat d'Astral et la concentration des médias qui en découleraient auraient «un effet néfaste pour des générations de consommateurs».

Le patron de Cogeco a aussi soutenu que Bell ne peut pas rassurer le public quant à l'efficacité du cadre réglementaire qui entoure l'intégration verticale. «C'est une affirmation hautement suspecte venant non seulement de la plus grande entreprise de communications intégrée verticalement au Canada, mais en plus de l'entreprise qui a vertement dénoncé ce même cadre il y a moins d'un an», a-t-il mentionné.

Le CRTC devrait s'inspirer du «non» donné à Power Corporation en 1986 lorsqu'elle voulait acheter TVA afin de bloquer la transaction Bell-Astral.

«Vous avez une obligation de gros bon sens», a-t-il martelé lorsque les conseillers du CRTC lui ont demandé pourquoi ils devraient lui donner raison.

 
 
 
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