Ministre des finances

Nicolas Marceau, apôtre du modèle québécois

Première publication 19 septembre 2012 à 16h17
Par Jean-François Cloutier | Argent

La nomination du député Nicolas Marceau au poste de ministre des Finances du Québec entraîne un examen plus minutieux de son parcours intellectuel, marqué par un engagement en faveur du rôle de l'État et de la redistribution de la richesse.

Un regard sur le parcours du député économiste suggère que M. Marceau sera à l'aise dans l'orientation social-démocrate traditionnelle du Parti québécois, et qu'il ne voudra pas s'attaquer aux vaches sacrées du modèle québécois décriées par les lucides depuis quelques années.

Professeur d'économie à l'université avant de se lancer en politique en 2009, M. Marceau a abordé dans son enseignement des thèmes comme les finances publiques, le fédéralisme fiscal, de même que le financement de l'éducation.

L'essentiel de sa carrière s'est fait dans les murs de l'académie, alors qu'il a obtenu un poste à l'Université Laval « immédiatement après avoir complété sa thèse » l'Université Queen's, en 1992, rapporte le site Wikipédia. Il a ensuite migré à l'UQAM où il a travaillé de 1996 à 2009.

Certains textes de M. Marceau laissent voir la foi qu'il a dans l'État pour résoudre les problèmes économiques.

Ainsi, en 2005, il cosignait une étude avec le professeur Alain Guay, dans laquelle il soutenait que le Québec s'était renforcé économiquement par rapport au reste du Canada depuis 25 ans, grâce au modèle québécois.

M. Marceau soulignait notamment que depuis 1986, le taux moyen de croissance du PIB du Québec a été supérieur à celui du Canada.

« Selon les promoteurs d'un certain courant de pensée, le « modèle québécois » de développement économique aurait fait son temps. (…) Dans cette étude, nous nous penchons sur ces affirmations et montrons qu'elles tiennent difficilement la route », écrivait-il.

Ironie de l'histoire, M. Marceau l'économiste avait été appelé en renfort dans la défense du budget de l'an 1 visant à convaincre les Québécois de la viabilité de la souveraineté, qui avait été publié par François Legault, à l'époque député du Parti québécois.

Dans un texte publié en 2007 conjointement avec l'ex-président de la Fédération universitaire étudiante du Québec (FEUQ), Pier-André Bouchard St-Amant, M. Marceau décriait l'intention des libéraux d'accroître les droits de scolarité universitaire de 30 % en cinq ans.

« Dans un régime à droits de scolarité faibles, les bénéfices privés de l'éducation sont d'autant plus taxés qu'ils sont élevés, et on épargne ceux pour qui ces bénéfices ne sont pas au rendez-vous. Sur le plan de l'équité, cela est tout à fait désirable », soutenait-il.

En entrevue, l'économiste Jean-Michel Cousineau, de l'Association des économistes du Québec, a parlé d'un homme de centre-gauche « calme et posé » qui ne laissait pas voir ses ambitions politiques quand il lui a enseigné.

Jean-Denis Garon, un de ses anciens étudiants, a évoqué pour sa part un homme accessible cherchant dans ses travaux à concilier équité et efficacité économiques.

 
 
 
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