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Accueillie par plusieurs comme une revitalisation heureuse, la première phase du Quartier des spectacles ne ravit pas tout le monde. Projet Montréal prétend que plusieurs commerces et petites salles de spectacles ont souffert de la spéculation immobilière qu'a engendrée le projet.
«Des terrains vagues ont été créés, là où il y avait des institutions culturelles importantes», a dénoncé par communiqué Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, la semaine dernière lors de l'annonce de la deuxième phase du Quartier des spectacles.
Récemment, trois salles de spectacle de taille modeste, mais d'une grande importance dans le portrait artistique de Montréal ont mis la clef sous la porte.
Le Spectrum, le Medley et le Musée Juste pour Rire ont cessé leurs activités, pendant que la salle de l'Orchestre symphonique de Montréal (OSM), la maison du développement durable et le 2-22, des projets publics ou subventionnés, ont vu le jour. «Les projets privés se font toujours attendre», a rappelé M. Bergeron.
Selon Jérôme Vaillancourt, directeur général de la Corporation du développement urbain (CDU) du Faubourg Saint-Laurent, la spéculation immobilière menace effectivement les lieux de création aux moyens plus limités. «Il ne serait pas souhaitable pour le secteur que les artistes indépendants et les petites salles de spectacles ne puissent plus y exister. Il faut que le quartier reste créatif», a-t-il souligné.
Celui-ci pointe du doigt les loyers qui augmentent radicalement au fur et à mesure que les terrains situés dans le Quartier des spectacles prennent de la valeur.
«Il faut trouver une solution. Je crois que de permettre aux créateurs de devenir propriétaires des locaux où ils se trouvent pourrait être une alternative intéressante», a affirmé M. Vaillancourt.
Toutefois, certaines personnes voient dans la transformation du Faubourg Saint-Laurent un effet naturel de l'offre et de la demande.
«C'est un endroit visible et prisé du centre-ville de Montréal, il est normal que la valeur des terrains augmente. De plus, à long terme, les grands projets de revitalisation sont souhaitables pour la métropole», a soutenu Unsal Ozdilek professeur de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM.
Bien que celui-ci croie que la conservation des bâtiments historiques et de la mixité du secteur sont importantes, le professeur en immobilier est d'avis que beaucoup de petits commerces n'ont plus leur place dans le quartier.
«Les petites boutiques de souvenir, les dépanneurs et tous ces petits magasins qui profitaient de bas loyers seront remplacés par de services que les gens veulent avoir dans le quartier», a expliqué M. Ozdilek.
Ce dernier ne craint pas non plus pour la rue Saint-Denis et les commerces visant les étudiants, qui seront bientôt intégrés dans le Quartier des spectacles.
«C'est toujours une question de clientèle. Si les consommateurs sont des étudiants à la recherche de rabais, les propriétaires des terrains devront répondre aux attentes des commerçants en offrant des baux raisonnables», a-t-il insisté.
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