Vente de Nexen à des entreprises chinoises

Exclusif - Pas d'audiences publiques

Première publication 3 octobre 2012 à 22h09
TVA Nouvelles

Exclusif - TVA Nouvelles a appris mercredi, de sommités du commerce et de la diplomatie internationale, que des compagnies américaines du secteur de l'énergie font pression sur Ottawa pour qu'elle empêche la vente de Nexen à des entreprises chinoises.

Dire oui à la Chine dans la transaction Nexen, c'est froisser l'allié précieux du Canada au sud de la frontière.

Questionné sur la réaction du gouvernement aux pressions exercées par les compagnies américaines, le ministre de l'Industrie, Christian Paradis, est resté prudent.

«Tout d'abord, il faut comprendre le principe pour l'évaluation des revenus: chaque transaction qui est projetée pour un investissement étranger, ça passe par le ministère de l'Industrie et la division des investissements étrangers qui est à évaluer ce qui en est. Donc, présentement, on est en pleine revue», a-t-il expliqué.

Selon plusieurs experts, les compagnies américaines ne voudraient pas d'un nouveau joueur sur le marché canadien, sur lequel elles ont déjà le monopole en tant qu'acheteuses.

«Présentement, nous avons un prix du pétrole qui est à peu près 15$ moins cher le baril que le prix du pétrole international. Pourquoi? C'est notre manque d'acheteurs et notre manque de capacités d'exportation pour ce pétrole, a précisé l'analyste valeurs mobilières pour Desjardins, Pierre Champagne. C'est une situation qui, bien entendu, avantage grandement certaines entreprises américaines.»

Et Washington, qui vient d'empêcher l'achat d'une compagnie éolienne américaine par la Chine, met aussi son grain de sel.

«Ça ne me surprend pas du tout qu'il y ait une réaction très forte aux États-Unis, a déclaré le Néodémocrate Peter Julian. C'est pour cette raison que je me demande vraiment pourquoi le gouvernement conservateur ne prend pas ces demandes d'acquisition au sérieux.»

Selon les sources de TVA Nouvelles, s'il dit non à la Chine, le Canada devra payer un prix énorme diplomatiquement et économiquement.

À savoir si Ottawa est prêt à payer pour faire plaisir à Washington, le ministre Paradis reste flou.

«Vous avez entendu le premier ministre Harper aussi. Il faut regarder dans le moyen, long terme. Je pense qu'il faut tenir compte aussi des intérêts du Canada», a-t-il dit.

Avec la collaboration d'Annie Dufour

 
 
 
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