Télévision

Le Québec doit miser sur l'exportation de ses concepts, selon Pierre Karl Péladeau

Première publication 8 octobre 2012 à 14h49
Le Québec doit miser sur l'exportation de ses concepts, selon Pierre Karl Péladeau
Par Marc-André Lemieux | Agence QMI

Les Québécois devraient exporter davantage de concepts télé à l'étranger. Voilà l'essentiel du message que Pierre Karl Péladeau a livré lundi dans le cadre du MIPCOM, la grande foire annuelle du petit écran qui se déroule à Cannes.

Selon le président et chef de la direction de Québecor, pour permettre aux émissions d'ici de briller en dehors du Québec, les règles dictées par les organisations subventionnaires doivent changer au plus vite.

M. Péladeau estime que les revenus potentiels tirés des ventes à l'international pourraient enrayer les menaces qui planent sur le système de financement des productions canadiennes.

Invité à prononcer une allocution par Valerie Creighton, du Fonds des médias canadiens, Pierre Karl Péladeau a déclaré qu'il ne comprenait pas qu'une nation qui rayonne à l'international dans plusieurs domaines grâce entre autres à Céline Dion, le Cirque du Soleil, ou encore Bombardier n'arrive pas à s'illustrer d'une façon comparable en télévision.

«Je refuse de croire qu'il s'agit d'une question de grosseur, a-t-il affirmé. Israël réussit à tirer son épingle du jeu. Même chose pour les Pays-Bas. Le Québec peut faire de même.»

Autre excuse facile: la proximité du Québec avec les États-Unis. Plusieurs y voient un désavantage, mais pas Pierre Karl Péladeau.

«Ça devrait jouer en notre faveur. On connaît ce marché comme si c'était le nôtre. On sait exactement ce dont raffolent les Américains. Mais pour des raisons qu'on ignore, on peine à percer leur marché», a-t-il déclaré devant un auditoire captif.

En entrevue avec le « Journal de Montréal » à la suite de son intervention au MIPCOM, Pierre Karl Péladeau a tracé un parallèle entre la musique et la télévision pour illustrer l'urgence d'agir.

«Le temps des albums est révolu, a-t-il affirmé. Aujourd'hui, on parle de chansons à l'unité et de radio en continu avec des services comme Pandora, Spotify et Zik.ca. Nous sommes entrés dans une ère nouvelle. Les consommateurs se sont rebellés. Les grandes maisons de disque ont peiné à s'adapter. Et c'est exactement ce qui attend notre industrie si on reste inactif.»

L'homme d'affaires a estimé qu'il faut s'orienter vers l'exportation des productions audiovisuelles québécoises.

«Si on veut avoir une scène télévisuelle vibrante dans 10 ans, on doit développer des concepts originaux, a-t-il ajouté. C'est la seule façon de pouvoir faire notre marque dans le milieu et générer des profits qui permettront à notre industrie de survivre. [...] On a besoin de positionner notre industrie sur la scène internationale. Sinon, c'est l'extinction.»

 
 
 
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