Usine à Bécancour

Des engrais moins cher?

Première publication 9 octobre 2012 à 12h37
Mise à jour : 9 octobre 2012 à 16h34
Par Claudia Néron | Agence QMI

L'implantation de l'usine d'engrais d'IFFCO à Bécancour aura un impact direct sur le portefeuille des producteurs agricoles québécois. Le prix de l'engrais à base d'urée devrait connaître une baisse de 5% à 10%, selon la Coop fédérée, qui sera copropriétaire minoritaire de l'usine.

Cela pourrait représenter des économies appréciables. Chaque année, la Coop fédérée vend pas moins de 180 000 tonnes d'urée seulement au Québec. Actuellement, celle-ci se transige entre 630$ et 660$ sur les marchés boursiers.

Si une baisse de 10% s'appliquait à ce moment-ci, ça représenterait une baisse de la facture globale d'urée au Québec de plus de 11 millions $.

Présentement, la Coop fédérée, qui est le principal fournisseur d'engrais au Québec, importe la totalité de ces produits d'urée. En mettant fin à l'importation, la coopérative de producteurs agricoles espère être moins tributaire des aléas du marché.

«On vient se donner une sécurité parce que présentement, on est trop vulnérables à l'extrême volatilité des marchés. On peut acheter une tonne à l'automne à 600$ et lorsque le printemps arrive, le prix a bondi et on la revend à 900$. Désormais, comme la Coop sera copropriétaire de l'usine à 12%, on pourra contrebalancer l'effet du bond des prix de l'engrais en redistribuant les profits à nos membres», a expliqué Claude Lafleur.

Une facture salée

L'engrais représente une part majeure des coûts de production dans les grandes cultures. Pour une ferme spécialisée dans le maïs, par exemple, l'engrais représente 17% des dépenses. Selon les données de la Financière agricole du Québec, en 2010, pour chaque hectare de culture de maïs, 270$ étaient consacrés à l'achat d'engrais.

«C'est facilement une facture annuelle d'entre 50 000$ et 150 000$ pour les grands producteurs de maïs», selon Claude Lafleur, chef de la direction de la Coop fédérée.

Un marché en dents de scie

Cette année à la fin avril, en pleine période des semis, le prix de la tonne d'urée en dollars canadiens a bondi de 32% sur un mois. Le prix minimum est passé de 655$ à 870$.

«Dès que la demande augmente ou que le prix des denrées alimentaires fluctue, les fabricants d'engrais ont tendance à charger plus cher. On espère que le fait d'avoir une usine majeure chez nous aura un effet stabilisateur sur les prix», a dit Ramzy Yelda, directeur de la commercialisation et de l'information sur les marchés à la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec.

Il souligne également qu'il y a des économies majeures à prévoir au niveau du transport. Présentement, l'urée utilisée par la Coop fédérée provient soit d'Oman, de l'Égypte ou de la Russie.

«Le coût de transport par vraquier peut facilement aller jusqu'à 40$ la tonne. C'est certain que c'est beaucoup moins coûteux de transporter l'engrais entre Bécancour et St-Hyacinthe que de l'importer d'outre-mer», a expliqué M. Yelda.

Les producteurs devront toutefois attendre quelques années pour savoir si la baisse du prix de l'urée va bel et bien se concrétiser. Le début de la production à Bécancour est prévu en 2017.

 
 
 
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