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Au moment où le gouvernement péquiste veut hausser les impôts des Québécois les plus fortunés, les entreprises canadiennes, elles, paient de moins en moins d'impôts.
Alors que les taux d'imposition fédéral et provinciaux officiels pour les entreprises sont de 26,1% au Canada, il appert qu'un grand nombre d'entreprises d'ici ont un taux effectif beaucoup plus bas.
C'est ce qui ressort d'une étude pilotée par le professeur Léo-Paul Lauzon, titulaire de la Chaire d'études socio-économiques de l'École des sciences de la gestion de l'UQAM.
Ainsi, sur 99 grandes entreprises canadiennes rentables analysées sur une période de trois ans, de 2009 à 2012, quelque 70 paient un impôt réel de moins de 25%.
La moyenne des impôts défrayés des 99 entreprises de 19,5% est également inférieure au taux statutaire officiel de 26,1%, les entreprises utilisant divers procédés légaux pour réduire leur facture d'impôt.
En outre, 14 n'ont payé aucun impôt et certaines ont même profité d'un taux d'imposition négatif, c'est-à-dire qu'elles ont «reçu» de l'impôt du fisc.
On trouve dans les dix grandes entreprises les moins imposées des compagnies bien connues comme le transporteur ferroviaire Canadien Pacifique, le brasseur MolsonCoors, et l'albertaine Canadian Oil Sands Limited.
Le géant des télécommunications et des médias Québecor (propriétaire du Canal Argent) figure au 20e rang (taux de 3,8%), suivi de près de Rogers Communications (5,1%).
Au sommet du classement figure la Corporation Cott, un fabricant de boissons gazeuses, qui, bien qu'elle ait dégagé un bénéfice avant impôts de 193,2 millions $ entre 2009 et 2012, a eu un taux d'imposition effectif de -14,5%.
Dans son étude, le professeur Lauzon souligne que le taux d'imposition a chuté de façon importante dans les dernières années, autant au Québec qu'au Canada.
Depuis 2000, le taux fédéral d'imposition est passé de 28% à 15%.
Entre 1960 et 2012, donc sur une période de 52 ans, le taux fédéral d'imposition des revenus généraux des entreprises est passé de 41% à 15%, une baisse de 63,4%.
En entrevue, le professeur s'est indigné de ce qu'il juge être un cadeau «idéologique» aux entreprises. «Le Canada est devenu un paradis fiscal pour les entreprises», a-t-il dit.
Selon lui, le contribuable salarié est le dindon de la farce du système fiscal en vigueur. «Contrairement aux entreprises, les salariés sont limités dans les moyens à leur disposition pour réduire leur taux d'impôt», a-t-il mentionné.
Pour la première fois en 2010, le contribuable canadien a généré plus de la moitié des revenus du gouvernement fédéral.
En 2010, Ottawa a prélevé quelque 117 milliards $ en impôts sur le revenu des particuliers, sur des revenus totaux de 231 milliards $. La hausse de la part de la contribution est attribuable à des baisses de taxes aux entreprises.
Selon une étude de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), le Canada fait partie d'un groupe de pays qui a tiré dans les dernières années une part grandissante de ses revenus des impôts sur le revenu des particuliers.
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