Montée du protectionnisme

Inquiétudes entourant l'Accord Union européenne-Canada

Première publication 17 octobre 2012 à 16h10
Inquiétudes entourant l'Accord Union européenne-Canada
Crédit photo : archives
Par Mélanie Loisel | Agence QMI

Québec a reçu une liste de recommandations provenant d'organismes de la société civile concernant l'Accord économique et commercial global en cours de négociation entre le Canada et l'Union européenne (AÉCG).

Le Réseau québécois sur l'Intégration continentale (RQIC), qui représente des syndicats de même que des groupes de femmes, d'étudiants, d'environnementalistes et des organisations communautaires, a fait parvenir une dizaine de recommandations à Jean-François Lisée, le ministre des relations internationales et du commerce extérieur.

Le RQIC s'inquiète de l'impact que pourrait avoir l'AÉCG notamment sur les services publics, les marchés publics, la gestion de l'eau et sur l'agriculture.

Alors que s'entame le dernier droit des négociations entre le Canada et l'Union européenne, les organismes de la société civile québécoise souhaitent que le gouvernement Marois inscrive dans les annexes de l'accord que les services de santé, d'éducation et de garde soient exclu de l'entente de libre-échange. Le Canada a déjà indiqué que ces services seraient exclus de l'entente, mais les provinces peuvent aussi l'indiquer explicitement.

Le RQIC veut aussi que Québec indique clairement que les contrats des sociétés d'État et ceux des sociétés de transport ne figurent pas dans les règles régissant les marchés publics. Il tient surtout à ce qu'Hydro-Québec soit entièrement exclu de l'accord. Le ministre Lisée a déjà confirmé que ce devrait être le cas.

Le cas de l'eau

Parmi les autres recommandations, la RQIC demande à ce que l'eau potable et la gestion de l'eau soient également exclues de l'entente.

Il y a une dizaine de jours, le négociateur en chef du Québec, Pierre-Marc Johnson, a confirmé qu'en vertu de l'accord, les municipalités pourront privatiser leurs services de gestion d'eau si elles le désirent bien qu'elles ne soient pas obligées.

«Ça ouvre la porte à la marchandisation de l'eau et c'est très inquiétant puisque c'est un bien commun. Avec cet accord, les municipalités qui privatiseront leur service d'eau ne pourront plus rebrousser chemin alors il est temps d'agir pour interdire toute privatisation», mentionne Pierre-Yves Serinet, le coordonnateur du RQIC.

Le RQIC croit aussi que le gouvernement du Québec doit s'assurer de maintenir la gestion de l'offre dans le domaine de l'agriculture et défendre l'exemption culturelle.

Si tout va bien, l'accord entre l'Union européenne et le Canada devrait être conclu d'ici noël. Des rencontres son prévues cette semaine et la semaine prochaine à Bruxelles, alors qu'une rencontre devrait avoir lieu au pays en novembre.

Divers organismes québécois dont l'Union des producteurs agricole vont se rendre sur place pour s'assurer que leur voix soit entendue. Jusqu'à présent, les négociations de cet accord de libre ont plutôt été tenues secrètes.

 
 
 
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