
Olivier Bourque
Argent
Depuis l'annonce en mars dernier, le mariage Bell-Astral a été des plus controversés. Ses compétiteurs, les associations de défense des consommateurs et certains politiciens ont rapidement vilipendé la méga-transaction de 3,4 milliards $.
Dès le départ, c'est la prime de 25 millions $ qu'a voulu se verser Ian Greenberg le PDG d'Astral à la conclusion de la vente qui avait fait sourciller. Le dirigeant y a finalement renoncé après l'opposition des actionnaires, mais la table était mise pour un véritable feuilleton.
La réelle contestation est toutefois venue quelques semaines après. Les concurrents de Bell, c'est-à-dire Quebecor, Telus, Rogers et même Cogeco se sont alors montrés très critiques envers la transaction la qualifiant « d'anticoncurrentielle ».
Le PDG de Québecor Pierre Karl Péladeau avait notamment souligné que cette vente allait placer Bell dans une position trop dominante pour le marché canadien (entre 35 et 40 % du marché télévisuel).
«Ce projet de transaction comporte un nombre effarant de précédents auquel nul autre pays occidental, soucieux de diversité, de concurrence et de démocratie, n'aura eu à faire face», avait-il souligné.
Québecor avait notamment fait valoir qu'avec cette vente allait détenir 79 chaînes de télévision, 107 stations et 100 sites Internet.
Les organisations de défense des consommateurs se sont aussi mises de la partie il y a quelques mois. Option consommateurs a souvent souligné qu'avec la vente, Bell allait avoir trop de contrôle en ses mains.
«Cette transaction fera en sorte que nous serons le cinquième pays avec le plus de concentration des médias. C'est une situation très peu enviable», a souligné à plusieurs fois l'organisation.
3000 noms sur la pétition d'Option Consommateurs
Option Consommateurs a d'ailleurs souligné que le client allait être perdant parce que les tarifs seront être à la hausse en raison de la moins grande compétition entre les joueurs. Une pétition a d'ailleurs été mise en ligne. Aujourd'hui environ 3000 personnes l'avaient signé.
Devant cette opposition, Bell s'était défendu bec et ongles lors des audiences du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Le PDG George Cope avait notamment donné quelques garanties au CRTC.
Bell s'était notamment engagé à créer une agence de presse francophone qui couvrirait tout le Canada et un service canadien semblable à Netflix. Il avait aussi promis que les décisions concernant la télévision allaient continuer de se prendre à Montréal.
George Cope avait aussi laissé planer le doute sur l'avenir des emplois d'Astral à Montréal si la transaction tombait
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