Concurrence déloyale

Archambault accuse un ancien employé

Première publication 27 octobre 2012 à 08h07
Archambault accuse un ancien employé
Crédit photo : TVA Nouvelles
Le site web d'Archambault
Par Michel Munger | Agence QMI

Un ancien directeur de la distribution numérique du Groupe Archambault, Nicolas Palhier, est mêlé à une poursuite pour concurrence déloyale en Cour supérieure du Québec.

Archambault est une propriété de Québecor, qui détient aussi la chaîne Argent. Le litige oppose sa marque Distribution Select, un distributeur de musique, à M. Palhier ainsi qu'aux concurrents DEP Distribution Exclusive et Believe Digital. Les dommages réclamés sont de 250 000$.

Le 18 septembre dernier, les accusés ont fait l'objet d'une saisie sous ordonnance Anton Piller.

La procédure est exceptionnelle, étant autorisée seulement lorsque la cour intervient afin d'empêcher les défendeurs de détruire les preuves.

M. Palhier est accusé d'avoir comploté pour lancer un concurrent au service de distribution musicale numérique d'Archambault.

Au départ, l'entreprise a planché sur un partenariat avec la compagnie française Believe, un important distributeur indépendant en Europe. Or, le partenariat n'a pas pris forme et Believe s'est plutôt entendue avec DEP. L'annonce du lancement de leur service s'est faite le 4 septembre dernier.

Nicolas Palhier, dont le rôle a été qualifié de «stratégique» chez Archambault, est entré en poste à titre de chef de produit chez Believe Digital Canada trois jours plus tard.

Selon les allégations, il a utilisé sa connaissance du plan d'affaires pour faciliter le travail du nouvel employeur. Il a aussi transmis par courriel des contacts dans l'industrie de la musique.

Il se fait aussi accuser d'avoir encouragé des collègues à quitter leur emploi, notamment en rédigeant des lettres de recommandation.
Selon l'avocate Amalia Pinos, chez Archambault, M. Pahlhier aurait confié son intention de «détruire» Distribution Select.

Dans une déclaration à la cour, Maurice Courtois, président de DEP, nie tout complot. «Je n'ai jamais demandé ou qui que ce soit n'a demandé à ma connaissance à M. Palhier d'utiliser ou de transférer [...] quelque information de nature confidentielle ou stratégique», écrit-il.

Il indique que les coordonnées des producteurs transférés par M. Palhier «peuvent facilement être retrouvés sur les sites web respectifs de ces entreprises ou sur le site de l'ADISQ» et que M. Palhier «sera un employé parmi tant d'autres au sein de Believe Canada».

«Je ne peux m'empêcher de croire [qu'Archambault], ajoute-t-il, souhaite nous déstabiliser et nous ralentir par ces procédures, mécontent de voir un nouveau concurrent sur le marché».

Dans sa déclaration, Nicolas Palhier indique que ses propos ont été «grossièrement déformés» par l'avocate et que «l'on m'attribue un rôle plus important que je n'ai» dans le litige.
M. Palhier admet avoir fait des transmissions par courriel «dans le but de conserver les coordonnées» qui ne sont pas confidentielles.

D'autre part, il indique avoir rédigé des lettres de recommandation à une collègue qui voulait travailler dans le secteur universitaire, et non chez le concurrent.

Enfin, les parties poursuivies par Archambault estiment toutes que leur développement d'affaires est heurté par ce dossier. Nicolas Palhier dit que sa réputation et son emploi chez Believe sont en danger.

Argent n'a pas été en mesure de rejoindre DEP Distribution Exclusive avant de publier ces lignes.

 
 
 
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