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Pour les diffuseurs de contenu, le succès à l'ère du numérique passe par un allègement de la réglementation, la modification des règles de financement et le changement des mentalités, a déclaré le vice-président principal aux Affaires corporatives et institutionnelles de Québecor Média, Serge Sasseville.
M. Sasseville a tenu ces propos dans le cadre des discussions du Forum France-Canada sur les enjeux des contenus numériques jeudi à Ottawa.
Selon lui, le modèle de la convergence a permis à Québecor Média de faire face au «tsunami technologique», notamment grâce à la création de l'Agence QMI qui permet de diffuser des contenus variés sur plusieurs plateformes. Or, la partie «est encore loin d'être gagnée».
En effet, les défis sont nombreux et la concurrence de la part de joueurs importants tels que Netflix, Google et Apple, particulièrement vive. Ces entreprises étrangères n'ont pas à se soumettre aux règles du CRTC sur le contenu canadien et peuvent offrir des abonnements de films sur internet au Québec et au Canada sans exiger de taxe de vente.
D'où l'importance d'assouplir la réglementation canadienne «pour nous permettre de nous battre à armes égales», a expliqué M. Sasseville aux journalistes.
Dans un contexte où les finances publiques sont serrées, il importe également, selon lui, «de revoir les programmes qui favorisent la production locale au détriment de projets ayant un potentiel de succès international». Et ce, autant du côté de la télé que du cinéma.
«Peu d'émissions canadiennes sont actuellement exportées à l'étranger alors que les concepts de l'extérieur font un tabac sur nos ondes. Pourquoi ne pourrions-nous pas nous aussi développer des formats et les vendre à l'étranger?»
Les formules de financement actuelles ne favorisent pas suffisamment le développement d'émissions-pilotes et posent des obstacles aux radiodiffuseurs «qui ne peuvent pas participer financièrement au succès d'une émission canadienne à l'international si elle bénéficie d'un financement public».
Source de grande préoccupation, la place de la diversité culturelle dans cet univers numérique dominé par les médias anglophones est également revenue sur le tapis.
Pour l'ambassadeur français au Canada, Philippe Zeller, la «promotion de la création en langue française passera par le numérique». Il a enjoint le Canada à œuvrer dans ce sens.
Selon le conseiller culturel français, Thomas Michelon, on pourra peut-être envisager de créer des «plateformes conjointes pour promouvoir de manière conjointe notre cinéma d'auteur, nos créateurs et nos auteurs littéraires».
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