Encore moins imposés que les Québécois

Première publication 3 janvier 2013 à 17h26

Jean-François Cloutier
Argent

Malgré les hausses de taxes décidées avec l'entente pour éviter de tomber dans le précipice fiscal aux États-Unis, le contribuable américain est encore bien moins imposé que le québécois, ce qui donne à espérer pour le dénouement de la crise fiscale au sud de la frontière, selon un expert.

En entrevue, Sébastien Lavoie, économiste à la Banque Laurentienne, a indiqué que les hausses de taxes dont ont convenu démocrates et républicains n'allaient toucher qu'une infime partie des contribuables américains, soit ceux gagnant plus de 450 000$ par année.

Sur dix ans, le règlement intervenu permettra d'aller chercher 600 G$ US de plus pour le Trésor américain.

L'avantage de cette entente est que peu d'argent sera retiré de l'économie. L'argent non prélevé par le fisc serait plutôt allé en épargne, a souligné M. Lavoie, puisque à ce niveau de revenus, il est fort rare qu'un contribuable dépense tout ce qu'il gagne dans l'année.

Les marchés boursiers ne s'y sont pas trompés, qui ont bondi fortement le jour de l'annonce de l'entente entre républicains et démocrates.

Pour la classe moyenne, la seule mesure qui devrait mordre est celle concernant l'impôt sur le salaire. Une réduction de deux points de pourcentage de cette taxe est révoquée. Cela devrait se traduire par une facture supplémentaire de 956$ pour un travailleur gagnant 50 000$ US par année.

Même en incluant les nouvelles hausses de taxes, le contribuable américain est toutefois beaucoup moins imposé que les contribuables canadiens de n'importe quelle province, à l'exception possible de l'Alberta, selon M. Lavoie.

Encore de la marge

Contrairement au Québec, qui taxe ses citoyens un taux d'imposition parmi les plus élevés en Occident, les États-Unis profitent encore de la marge de manœuvre nécessaire pour assainir leurs finances, a dit l'économiste.

M. Lavoie a indiqué que la prochaine étape pourrait être l'introduction d'une taxe sur la valeur ajoutée à la grandeur du pays, une sorte de « TPS » américaine, qui pourrait regarnir les coffres de l'État.

M. Lavoie voit aussi d'un bon œil le fait que le président Obama a annoncé la fin de l'indexation complète des prestations de la Sécurité sociale et de Medicare, qui coûtent une fortune à financer.

D'ici 2030, si rien n'est fait, le budget total des Etats-Unis sera absorbé pour payer ces seuls deux postes de dépense, selon lui. À l'heure actuelle, selon le Urban Institute, un couple moyen paie 109 000$ pour financer Medicare aux États-Unis, mais retire 342 000$ US en bénéfices.

Économie en croissance

Malgré la crise de l'endettement, l'économie américaine a offert des signes d'espoir en 2012, en croissant de plus de 2%, ce qui en fait une exception dans le monde développé, a mentionné M. Lavoie.

 
 
 
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