Caisse de dépôt

Proche de Buffet et de BlackBerry?

Première publication 19 août 2013 à 19h19
Proche de Buffet et de BlackBerry?
Crédit photo : gracieuseté
Par Michel Munger | Agence QMI

La Caisse de dépôt et placement du Québec s'est réjouie lundi de l'achat d'actions de Suncor Énergie par Berkshire Hathaway et a laissé planer l'idée de participer à un rachat de BlackBerry. Des observateurs prennent toutefois ces déclarations avec un grain de sel.

En conférence téléphonique sur les résultats de mi-année, le PDG de la Caisse, Michael Sabia, a bien réagi à une prise de participation de Berkshire Hathaway dans Suncor. Le conglomérat de Warren Buffet a récemment mis la main sur 17,8 millions d'actions pour 524 millions$.

À la blague, Michael Sabia a dit que «j'espère que ça va faire tripler la valeur» de l'investissement. «Si ça ne triple pas, j'espère que ça va quadrupler», a-t-il ajouté.

À la fin de juin, la Caisse détenait 23,4 millions d'actions du producteur de pétrole et de gaz, pour une valeur de 689 millions$.

Ironiquement, elle est aussi investisseur dans Berkshire, soit à hauteur de 3,95 millions d'actions pour 442 millions$.

Il faut toutefois éviter de copier ces mouvements sans se poser de questions, soutient François Rochon, président du gestionnaire de portefeuille Giverny Capital.

«Lorsque quelqu'un achète un titre avec son propre argent, il devrait étudier la compagnie en détail. Si Berkshire Hathaway change d'idée et vend le [Suncor] le lendemain, l'investisseur le saura peut-être seulement trois mois plus tard.»

Un achat par Berkshire sert parfois de piste, ajoute-t-il. «Ça peut être une source d'idées. Buffet et ses gestionnaires sont des gens sérieux. Ça peut valoir la peine d'étudier [les titres qu'ils choisissent], mais il faut se faire sa propre opinion.»

Rachat de BlackBerry ?

Lors de la conférence de téléphonique de jeudi, Michael Sabia n'a pas fermé la porte à la formation d'un groupe dont la mission serait d'acheter BlackBerry. Le fabricant perd ses parts de marché en téléphonie mobile aux mains de l'iPhone et des appareils Android. La Caisse détenait 162 929 de ses actions au 31 décembre, pour une valeur de 1,9 million$.

«Ce n'est pas sur la table en ce moment, mais nous sommes ouverts à étudier plusieurs scénarios», a-t-il indiqué. La Caisse aurait toutefois à considérer «toutes sortes de choses» comme les conditions de rendement et la structure d'une transaction avant d'aller de l'avant.

BlackBerry est une histoire presque terminée, avertit cependant Michel Nadeau, analyste pour Argent et ancien vice-président de la Caisse.

«Quand vous avez une technologie comme longtemps utilisée pour la confidentialité des données et que vous perdez le momentum, il est difficile de redémarrer, explique M. Nadeau. La franchise BlackBerry existe encore, mais ce sera extrêmement difficile de rebâtir un modèle d'affaires rentable.»

La valeur n'est là que pour le court terme, poursuit Michel Nadeau. «Vous avez 3 milliards$ comptant dans l'entreprise et 5 milliards$ de brevets, pour 525 millions d'actions. Ça donne une valeur de 15$ par action, alors que le titre vaut moins de 11$ lundi. Quelqu'un qui voudrait privatiser la compagnie recevrait une rente.»

Une privatisation est d'ailleurs dans l'intérêt du PDG Thorsten Heins, qui pourrait empocher 55 millions$.

«Les astres sont alignés pour une transaction dans les 12 prochains mois, commente M. Nadeau. Il y a encore de l'argent à faire mais la part de marché de l'entreprise s'amenuise. Un acheteur voudra peut-être gérer l'agonie.»

 
 
 
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