Abitibi-Témiscamingue

Eau de source à vendre

Première publication 22 octobre 2013 à 18h53
Eau de source à vendre
Crédit photo : archives, agence QMI
Par Carl Renaud | Argent

L'eau québécoise ne s'achète pas seulement en bouteille. Il est aussi possible de mettre la main sur une source en vue d'embouteiller ou d'exporter l'eau du sous-sol québécois.

Des investisseurs d'ici et de l'étranger s'intéressent présentement à l'or bleu du Québec.

Des sources d'eau sont sur le marché actuellement, en Abitibi-Témiscamingue entre autres.

Les propriétaires d'une source d'eau d'esker, semblable à celle d'où provient l'eau qui se retrouve dans les bouteilles Eska, demandent 9 millions de dollars pour leur propriété de Saint-Mathieu-d'Harricana.

Selon les vendeurs, 3500 gallons d'eau peuvent être tirés de la source chaque minute. À Saint-Édouard-de-Fabre, une autre source est proposée à près de 1,3 million de dollars.

Sa capacité peut atteindre jusqu'à 1000 gallons d'eau par minute, selon le propriétaire actuel.

«Ça prend des investisseurs qui ont beaucoup de ressources financières pour lancer un projet de la sorte», a souligné Dianne Morin, courtier immobilier chez Monaxxion, précisant qu'ériger une usine et acheter une source nécessite des immobilisations importantes.

Mme Morin a souligné que des investisseurs européens se sont intéressés à la source de Saint-Mathieu-d'Harricana dans le passé. Actuellement, des investisseurs québécois et étrangers seraient en pourparlers en vue d'acquérir la propriété.

Dianne Morin a souligné que la source pourrait aussi intéresser des entreprises des secteurs pharmaceutique et cosmétique. «L'eau qui vient de cet esker a des propriétés exceptionnelles», a-t-elle souligné.

La fiche de description de la propriété affirme même qu'il s'agit de la meilleure eau au monde, selon la compétition internationale Berkeley Spring.

L'Association des embouteilleurs d'eau du Québec (AEEQ) indique que les investisseurs étrangers sont déjà très actifs dans la province. Une quinzaine d'embouteilleurs produisent le milliard de litres d'eau embouteillé annuellement au Québec.

Les principaux joueurs sont Naya, Eska, Labrador et Amaro. À l'exception d'Amaro, qui appartient à des Québécois, les trois autres géants sont contrôlés par des investisseurs canadiens ou étrangers, bien que le Fonds de solidarité FTQ soit actionnaire de Naya.

L'AEEQ doute que les sources disponibles trouvent facilement preneur, même si 3% des réserves d'eau douce de la planète sont situées au Québec.

«Tant et aussi longtemps que les sources en exploitation suffisent à approvisionner la demande locale, les entreprises n'achèteront pas d'autres sources», a dit Dimitri Fraeys, secrétaire de l'association.

M. Fraeys a souligné que le Québec exporte peu d'eau, actuellement. «Ironiquement, nous sommes même un importateur net d'eau, a-t-il dit. Nous importons pour environ 40 millions de dollars d'eau étrangère annuellement.»

Malgré tout, Bruno Carrier, l'un des courtiers en charge de la vente de la source d'eau de Saint-Édouard-de-Fabre, est convaincu que la propriété va trouver preneur rapidement.

«Un investisseur asiatique risque de mettre la main sur la source. Ils sont plus conscients que nous de la nécessité d'avoir des réserves d'eau pure», a-t-il commenté.

M. Carrier négocie entre autres avec un investisseur qui veut ajouter la source d'eau dans son portefeuille d'investissements. «Ça serait un investissement pour le futur lorsque la situation de l'eau sera plus critique», a précisé le courtier.

 
 
 
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