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Bien qu'abondante et d'une ampleur exceptionnelle, cette médiatisation a été qualifiée de «normale» et d'«inévitable» par le magistrat en raison du statut public de l'accusé et de la nature des crimes en cause.
«Une personne publique qui commet une infraction, de quelque nature qu'elle soit, assume nécessairement le risque de faire l'objet d'une couverture médiatique plus intense qu'une personne qui ne l'est pas», peut-on lire dans le jugement.
«Lorsque la nature et la gravité de l'infraction sont sérieuses, comme c'est le cas, il devient en quelque sorte normal que celle-ci attire davantage l'intérêt et l'attention des médias», mentionne le magistrat.
Cela dit, le juge Sansfaçon ne croit pas que les conséquences vécues par Guy Cloutier (humiliation, perte de vie sociale, image professionnelle ternie à jamais, incapacité de poursuivre ses activités professionnelles et pertes financières) justifient une réduction de peine.
Le magistrat reconnaît que la conjointe et les enfants de l'accusé, particulièrement Véronique, qui est active sur la scène publique culturelle, aient subi la honte et l'humiliation entourant la ruine de la réputation de Guy Cloutier et du respect que le public et ses pairs lui vouaient après 40 ans de vie artistique, mais il soutient que tout cela «ne justifie pas que sa responsabilité pénale en soit atténuée».
Le juge Sansfaçon est conforté dans cette conviction par les propos de la juge Claire L'Heureux-Dubé qui, au moment où elle était à la Cour d'appel du Québec, avait refusé d'ériger en principe le fait que «plus le personnage occupe un rang ou une fonction élevée dans la société, plus il est connu, plus légère devra être la peine et, à contrario, plus humble ou obscur est le personnage, plus sévère sera-t-elle».
«Je n'accepte pas cette proposition: les plateaux de la balance ne sauraient s'accommoder de ces deux mesures inégales. La justice doit être la même pour tous, grands ou petits, riches ou pauvres», écrivait-elle.
Le juge Sansfaçon est bien de cet avis. C'est pourquoi il rejette la proposition de l'avocate de Guy Cloutier d'atténuer la sentence de son client pour compenser l'ostracisation dont il a été l'objet sur la place publique.
«Peu importe l'ampleur de la couverture médiatique associée à une affaire, du moment où une personnalité publique, et particulièrement lorsque celle-ci est issue d'un milieu propice à la publicité, fait l'objet d'accusations de la nature et de la gravité de celles en l'espèce, il devient en quelque sorte normal qu'elle subisse les stigmates, la honte ainsi que l'opprobre de ses pairs, comme du public et ce de façon amplifiée.»
En vidéo 1, écoutez les commentaires d'Érick Rémy, journaliste artistique et animateur au 98,5 FM.
En vidéo 2, écoutez les commentaires de Catherine Mauffette, rédactrice en chef du magazine Dernière Heure.
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