Faits divers

Émeute mortelle dans une prison de Québec

Première publication 22 juillet 2010 à 05h41
Mise à jour : 22 juillet 2010 à 14h38
Émeute mortelle dans une prison de Québec
Crédit photo : QMI
Denis Ampleman, 45 ans, qui a perdu la vie lors de l'émeute

L’escouade des crimes contre l’intégrité de la personne de la Sûreté du Québec et les autorités carcérales ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances entourant un soulèvement qui a coûté la vie à deux détenus du Centre de détention de Québec mercredi soir.

Selon l’agent Richard Gagné de la Sûreté du Québec, les incidents se sont produits vers 21 h 30, dans l’aile F de l’établissement.

Pour des motifs encore indéterminés des prévenus auraient mis le feu à des matelas et des vêtements. Six d'entre eux ont dû être conduits à l’hôpital après avoir été incommodés par la fumée. Certains blessés sont à l'Hôtel-Dieu de Lévis afin d'y recevoir un traitement hyperbare.

Deux prévenus ont toutefois été retrouvés sans vie. L'une des victimes est Éric Adamson Yaouvi, 20 ans, l'autre est Denis Ampleman, 45 ans.

Au total, 14 détenus ont pris part à l’émeute, a indiqué Johanne Beausoleil, de la direction générale des services correctionnels au ministère de la Sécurité publique du Québec. Les agents correctionnels ont retiré de l’aile F six détenus; ce sont les huit autres qui figurent parmi les blessés et les morts.

«Ce sont des personnes qui avaient le statut de ‘prévenus’, donc en attente d’un procès, précise Mme Beausoleil. Ces personnes-là étaient toutes rassemblées dans une même aile.»

Il faudra une autopsie pour déterminer les causes exactes du décès des deux hommes.

En point de presse, Mme Beausoleil a indiqué que l’émeute avait causé peu de dommages aux infrastructures, l’eau et la fumée ayant causé des dégâts mineurs.

La direction des services correctionnels réfute les allégations voulant que ce soit la surpopulation entre les murs d’Orsainville qui serait à l’origine des incidents qui ont éclaté mercredi soir.

«L’Établissement de détention de Québec n’est pas en surpopulation, explique Johanne Beausoleil. Il y a ce matin (dans la prison) 631 détenus» alors que la capacité est de 700.

Stéphane Lemaire, président du Syndicat des agents de la paix en service correctionnel du Québec (SAPSCQ), croit aussi qu’il n’y avait pas de surpopulation dans l’Établissement de détention de Québec hier. Il avance cependant qu’il y a des problèmes récurrents dans l’aile F. «Plusieurs événements se produisent tous les trois ou quatre mois dans ce secteur, c’est la même problématique que l’on dénonce depuis trois ou quatre ans», souligne M. Lemaire.

Les policiers avaient dû intervenir en mai et en mars dernier dans l'aile F, notamment pour des incendies. «C’est un secteur de récalcitrants, car ce sont des prévenus. Ils réagissent de façon spontanée. Quand ça ne fait pas leur affaire, ils mettent le feu. À Québec, c’est à la mode», lance le président du SAPSCQ.

(TVA Nouvelles avec l'Agence QMI)


Ce n’est pas la première fois qu’il y a du grabuge au Centre de détention de Québec. Incendie en septembre 2009.

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