Délit de fuite mortel à Laval

Un témoin de la scène se confie

Première publication 6 septembre 2010 à 10h44
Mise à jour : 6 septembre 2010 à 10h48
Un témoin de la scène se confie
Crédit photo : Agence QMI
Par TVA Nouvelles

Près de 72 heures après le drame qui a coûté la vie à une adolescente de 15 ans, vendredi midi à Laval, un chauffeur d’autobus qui a été témoin de la scène s’est confié ce matin à Claude Poirier dans le cadre de l’émission Le vrai négociateur.

François, qui est chauffeur d’autobus pour la STL, était au volant de son véhicule sur le circuit 144 lorsqu’est survenu le délit de fuite après l’heure du dîner. Il a vu tout ce qui s’est passé et c’est d’ailleurs lui qui a donné la description du véhicule du fuyard aux policiers.

«J’ai arrêté mon autobus pour laisser passer un groupe de jeunes filles. [...] Tout à coup, j’ai vu la voiture arriver et dépasser le véhicule devant moi en donnant un coup de volant. La première fille n’a eu aucune chance! Il l’a heurtée de plein fouet sans jamais ralentir. La jeune fille a été soulevée dans les airs et elle a atterri dans mon pare-brise», explique-t-il.

Il décrit aussi l’horreur qui a suivi et qu’il ne peut oublier.

«En la voyant arriver, je me suis tassé du siège vers la droite et ça a cogné un gros coup! Je n’oublierai jamais le son que ça a fait. Le pare-brise a éclaté et j’ai reçu du verre. Les gens criaient partout. J’ai sorti ma tête par la fenêtre et j’ai vu la jeune fille qui était couchée à côté de l’autobus, près de la roue avant.»

François a alors actionné le bouton panique de l’autobus pour demander qu’on appelle immédiatement les services d’urgence. Il affirme que policiers et ambulanciers sont arrivés très rapidement sur les lieux.

«Elle avait perdu ses souliers, ses bijoux, son cellulaire était en morceaux...» -Un témoin

Selon la description de la scène faite par le chauffeur d’autobus, le choc a été extrêmement brutal pour l’adolescente. «Il n’y avait pas de sang apparent, mais elle avait perdu ses souliers, ses bijoux, son cellulaire était en morceaux...», raconte-t-il.

François affirme que la voiture du fuyard devait rouler à «au moins» 70 ou 80 kilomètres à l’heure dans une zone scolaire où le maximum est de 30 kilomètres à l’heure.

«Il n’avait aucunement le droit de conduire»

Le jeune homme qui a été arrêté relativement à cette affaire, Robert Bélanger, 22 ans, a comparu par téléphone, samedi matin, pour être accusé de délit de fuite ayant causé la mort et de conduite dangereuse ayant causé la mort. Il devrait revenir devant le tribunal demain.

Bélanger avait déjà été condamné, en 2007, à la suite d’une poursuite policière de quelques kilomètres à Laval. Au moment des événements de la semaine passée, il avait un permis d’apprenti conducteur sanctionné pour des amendes impayées.

«Il n’avait aucunement le droit de conduire cet homme-là», a résumé François Dumais, porte-parole du Service de police de Laval.

Robert Bélanger s’est rendu aux policiers dans la nuit de vendredi à samedi après que son véhicule a été retrouvé quelques heures plus tôt dans le stationnement d’un immeuble à condominiums. La voiture avait notamment des dommages au capot et à la portière côté passager.

«Plusieurs témoins rapportent que le véhicule circulait à très haute vitesse», ajoute monsieur Dumais.

Ronia Mansourian, 15 ans, est morte quelques heures après avoir été présumément heurtée par la voiture de Robert Bélanger. La famille est toujours sous le choc et refuse de croire à un simple accident.

(TVA Nouvelles)

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