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Près de 120 heures après avoir appris le décès de Noémi et Audrey en Thaïlande, la famille Bélanger a obtenu la confirmation, mardi matin, qu'une autopsie venait d'être pratiquée sur les corps des victimes, finalement transférés à Bangkok.
«Nous avons parlé avec un représentant de l'ambassade par téléphone durant une heure mardi matin, a indiqué un membre de la famille. Ce qu'on doit faire maintenant, c'est envoyer l'argent pour rapatrier les corps. Il faut juste régler tout ça avec les assurances.»
Les autorités thaïlandaises devraient dévoiler dans quelques jours les résultats des analyses effectuées lors de l'autopsie. L'ambassade canadienne a mentionné aux proches que les corps des deux femmes devraient être au Canada non pas la semaine prochaine, comme la famille le pensait, mais d'ici deux à trois semaines. «C'est invivable, mais ç'a l'air que c'est un délai assez rapides», a ajouté la famille.
Contrairement aux deux autres cas similaires en 2009, l'Ambassade canadienne est parvenue à s'assurer que des échantillons de tous les organes vitaux soient prélevés lors de l'autopsie et envoyés au Canada avec les corps. La chambre dans laquelle les deux sœurs ont été retrouvées sera également scellée durant deux semaines, aux fins d'enquête, a appris la famille.
«Ça nous rassure énormément, a poursuivi le membre de la famille qui a confirmé qu'elle allait également demander une autopsie en sol québécois. Maintenant, on veut nos filles pour faire notre deuil, mais on veut aussi que leur mort ne serve pas à rien. Il ne faut plus que tout ça se reproduise.»
La famille martèle que l'hypothèse de l'empoisonnement au poisson-globe demeure difficile à croire. Notre source a accepté de partager l'hypothèse de la famille, qui résulte d'un échange avec un spécialiste américain qui a tenté de rejoindre les proches des victimes rapidement après leur décès.
Ce spécialiste qui a suivi les nombreux cas de morts mystérieuses en Thaïlande a prévenu la famille qu'une autopsie devait être réalisée dans les 72 heures de la mort, pour éviter que la substance, qu'il soupçonne être à l'origine du décès, ne soit disparue de leur organisme. Cette substance est le chlorpyrifos, un insecticide puissant qui serait utilisé en vaporisateur dans les chambres d'hôtel en Thaïlande.
Ce produit ne peut être utilisé pour usage intérieur au Canada. L'agence de protection de l'environnement des États-Unis émet également de sérieux avis concernant cette substance indiquant qu'une forte exposition peut provoquer des nausées, la paralysie et même la mort.
Le chlorpyrifos a été sérieusement soupçonné pour cinq décès en quelques mois en Thaïlande en 2011, mais les autorités n'ont jamais confirmé l'information. Le long délai entre leur mort et l'autopsie continue de soulever des questionnements.
Geneviève Guilbaut, du Bureau du coroner, a indiqué que si un tel scénario s'était produit au Québec, un coroner aurait ordonné une autopsie dans les 24 à 48 heures. «Je ne connais pas la santé des deux filles, mais un décès pour une cause inconnue de deux jeunes femmes, si elles n'ont pas de conditions préexistantes, c'est sûr qu'un Coroner aurait voulu une autopsie rapidement.»
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