Magnotta en prison

Vêtu d'une jaquette anti-suicide

Première publication 20 juin 2012 à 04h52
Mise à jour : 20 juin 2012 à 12h22
TVA Nouvelles et JdeM

C'est dans la solitude la plus totale que Luka Rocco Magnotta a vécu ses premiers moments au Centre de prévention Rivière-des-Prairies où il a été transporté immédiatement après sa comparution, hier après-midi.

Peu après son admission à la prison, Magnotta a été amené dans une salle attenante à la réception communément appelée bullpen. Puisqu'il est arrivé trop tard à la prison, il n'a pu profiter du repas chaud servi dans son secteur, soit dinde et patates rondes.

Le prévenu de 29 ans a donc dû se contenter de deux sandwichs au fromage, deux biscuits secs et un berlingot de lait qu'il a dégustés seul, dans le bullpen.

Voisin d'un ex-policier

Par la suite, Magnotta a été amené dans sa cellule, dans le secteur P-8. Ce secteur de super protection compte seulement deux cellules utilisées par une seule personne à la fois.

Son voisin de cellule est Michel Usereau, cet ex-policier devenu propriétaire d'une agence de sécurité accusé d'avoir tué un concurrent à l'automne 2005. Usereau attend pour subir son troisième procès au palais de justice de Montréal.

Les deux détenus ne sont jamais en contact, car les gardiens ne les sortent pas ou ne les font pas circuler dans le corridor en même temps.

Jaquette anti-suicide

Magnotta a eu droit à une jaquette particulière pour sa première nuit dans une prison du Québec.

Puisque les autorités n'ont pas eu le temps de l'évaluer et ignorent s'il pourrait mettre fin à ses jours, elles lui ont remis comme unique vêtement une jaquette anti-suicide.

Cette jaquette est faite d'un tissu très épais, semblable à un piqué d'hôpital, et impossible à déchirer. Le vêtement ne comporte que trois trous, un pour la tête et deux pour les bras.

Selon nos sources, Magnotta rencontrera aujourd'hui les responsables de la prison pour que ceux-ci évaluent sa dangerosité et les risques qu'il tente de mettre fin à ses jours.

À qui la note?

Pendant ce temps, on ignore toujours qui payera la facture du rapatriement de Magnotta au Canada. Selon une estimation de TVA Nouvelles, le coût de l'opération pourrait bien dépasser 263 000$. C'est le gouvernement fédéral qui a assumé les coûts reliés à l'utilisation de l'avion, mais on ne sait pas quel pourcentage devra être payé par le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

De son côté, le syndicat des agents correctionnels provinciaux se questionne quant aux impressionnants moyens qui ont été mis en place pour l'extradition du «présumé dépeceur».

«C'est étonnant de voir à quelle vitesse les ressources policières et au niveau budget... Comment tout ça se déploie alors que nous on fait les choses de façon... C'est quand même pas Hannibal Lecter, du film Le Silence des agneaux», a déclaré le président, Stéphane Lemaire, à l'émission Le Vrai Négociateur, sur les ondes de LCN.

 
 
 
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