
Le corps de la fillette de cinq ans disparue vendredi après-midi dans les eaux de la rivière du Lièvre, à Ferme-Neuve dans les Laurentides, a été retrouvé samedi matin.
Les patrouilleurs de l'escouade nautique de la Sûreté du Québec (SQ) ont localisé le corps, vers 8h45, à quelques mètres de la rive, dans le même secteur où elle avait sombré la veille.
La SQ avait mis une embarcation à l'eau, tôt samedi, dans l'espoir de la retrouver.
La petite fille, originaire de Ferme-Neuve, s'amusait dans l'eau avec une amie, en fin d'après-midi vendredi, lorsqu'elle n'est soudainement pas remontée à la surface. Des recherches préliminaires avaient été effectuées, mais en vain.
«La noyade en rivière, c'est quelque chose qui se produit très rapidement. Pour un enfant de cet âge, ça va prendre de 15 à 20 secondes.»- Société de sauvetage
«Je connaissais bien la famille de la victime, a raconté Stéphanie Tassé, qui est allée porter des fleurs sur les lieux de la noyade. Une mort d'enfant ça prend une dimension encore plus terrible lorsque l'on met un visage sur la personne disparue. C'est un chagrin immense.»
Selon le porte-parole de la SQ Marc Tessier, l'enfant ne portait ni veste de flottaison, ni flotteurs. Il semble également qu'elle se trouvait dans un lieu de baignade non surveillé.
Une autopsie pourrait être pratiquée sur le corps de la victime. Les témoins de la scène devaient être rencontrés par les enquêteurs afin d'en apprendre davantage sur les circonstances entourant le tragique incident.
Au moment même où la fillette a été portée disparue vendredi, une dizaine de personnes se trouvaient sur la plage, notamment un pompier volontaire qui se baignait avec sa famille.
Dominic Coursol était sur le point de quitter les lieux lorsqu'un jeune garçon, le sachant pompier volontaire, est venu l'aviser qu'une enfant était en train de se noyer à une soixantaine de mètres de là.
«J'ai d'abord vu une fillette d'une douzaine d'années que l'on tirait du bras pour l'aider à sortir de la rivière. Sur le coup, j'ai cru que c'est d'elle que le garçon me parlait, mais j'ai rapidement saisi qu'une autre enfant se trouvait à l'eau», a relaté M. Coursol.
Pompier volontaire membre de la brigade des premiers répondants, l'homme a réagi promptement. Il a sauté à l'eau pour tenter de localiser l'enfant. Sa conjointe a également plongé.
«À l'endroit où la fillette se baignait, il y a un faux plateau où l'eau est peu profonde. Et juste à côté, ça tombe creux d'un coup. Une fosse d'une quinzaine de pieds de profondeur, où l'eau est opaque et trouble», a-t-il précisé.
Selon M. Coursol, le travail des plongeurs bénévoles a été compliqué par la présence, dans cette fosse, de branches et billots. Les services d'urgence sont arrivés quelques minutes plus tard.
Les secours ont fouillé la rivière jusqu'à 22 heures. Les recherches ont repris tôt le lendemain, mais Dominic Coursol, appelé au travail, n'en était pas. «Ce qui me tourmente, c'est de savoir si, advenant le cas où on avait trouvé la fillette quelques minutes après qu'elle eut sombré, j'aurais pu faire quelque chose pour la réanimer», a-t-il confié.
Située dans le village de Ferme-Neuve et facilement accessible, la plage où a eu lieu la noyade est fréquentée par plusieurs résidents de l'endroit.
Le décès de la fillette de 5 ans à Ferme-Neuve, dans les Laurentides, porte à 33 le nombre de noyades survenues depuis le début de l'année 2012, selon une compilation préliminaire de la Société de sauvetage.
Appelé à commenter l'événement de vendredi, le directeur général de la Société, Raynald Hawkins, a indiqué que «la noyade en rivière, c'est quelque chose qui se produit très rapidement. Pour un enfant de cet âge, ça va prendre de 15 à 20 secondes.»
En ce qui a trait au port de la veste de flottaison lors d'une baignade, M. Hawkins a dit comprendre les parents qui n'ont pas toujours le réflexe de mettre une veste à leur enfant lors d'une activité de baignade. Toutefois, «si je ne suis pas en train de me baigner avec l'enfant dans mes bras, là, j'aurais tendance à dire que la veste de flottaison serait appropriée», a-t-il souligné.
Peu importe le type de cours d'eau, il est toujours plus prudent d'opter pour un lieu surveillé et aménagé pour la baignade, a rappelé M. Hawkins.
À pareille date en 2011, 22 noyades étaient survenues.
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